Dans un communiqué publié le lundi 14 octobre dernier, le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), Karim KHAN a annoncé la réactivation de ses enquêtes en République démocratique du Congo.
Ces nouvelles enquêtes porteront sur les crimes de guerre commis depuis janvier 2022 dans la province du Nord-Kivu, dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.
Cependant, cette nouvelle qui devrait égailler le peuple congolais qui vit actuellement sous le coup de la guerre infligée par les rebelles M23 soutenue par le Rwanda dans sa partie Est, ne suscite pas pour autant pas des grandes attentes auprès des congolais et congolaises. Parmi ces dignes fils et filles insatisfaits, il y a Benny Neze SANGOMA , activiste des droits des femmes.

Pour elle, il est plutôt convenable que le procureur revienne avant tout sur le rapport MAPPING qui comprend une description de plus de 600 incidents violents survenus sur le territoire congolais entre mars 1993 et juin 2003. Chacun de ces incidents a fait l’objet de graves violations des droits de l’homme ou du droit international humanitaire. Mais qui jusque-là est encore dans le tiroir de la CPI. « Il faut aussi savoir que la question de sécurité aujourd’hui dans la partie Est, c’est une question d’une très grande sensibilité à tous au niveau nationale, régionale et internationale. A mon avis c’est une bonne initiative d’ouvrir des enquêtes surtout en cette période. Une enquête c’est une étude approfondie qui peut prendre autant d’années, je lui souhaite personnellement bonne chance”, estime-t-elle.
Cette militante a par la suite indiqué que les meilleurs aboutissement de ses enquêtes seraient d’aller au-delà de la publication de simples résultats. « Si je dois regarder un rapport comme le rapport MAPPING, les bourreaux sont bien connus et en liberté, et les victimes sont toujours des victimes et pire encore, certains auteurs de ces crimes sont en liberté et les victimes vivent le traumatisme sans pareille. Comme activiste, la finalité des enquêtes c’est d’aller au-delà de la publication de résultats, Donc c’est-à-dire, Publier les résultats des enquêtes, les criminels doivent purger leurs peine et rendre justice aux victimes ». a -t-elle dit.
Soulignons que du point de vue historique, depuis 2004, sept responsables congolais ont déjà fait l’objet de mandats d’arrêt de la CPI et cinq d’entre eux y ont été jugés dans le cadre des investigations sur les crimes commis dans le pays. Et la décision de la réactivation des enquêtes par le procureur Karim kHAN, fait suite à une visite à la Haye du vice-ministre congolais de la Justice, Samuel Mbemba Kabuya, la semaine dernière.
Aggée Chuga
