Plus de vingt ans après les violences qui ont ravagé la ville de Kisangani, une lueur d’espoir apparaît pour des milliers de victimes, notamment des femmes dont la vie reste profondément marquée par ce conflit.

Le ministre de la Justice, Guillaume NGEFA, a annoncé mercredi 7 avril la reprise imminente du processus d’indemnisation des victimes de la guerre de six jours. Cette décision, attendue depuis longtemps, sera précédée d’un audit du fichier des bénéficiaires afin de garantir que seules les véritables victimes puissent en bénéficier.

Sur place, à Kisangani, les échanges directs entre les autorités et les victimes ont mis en lumière des réalités souvent ignorées. Parmi elles, de nombreuses femmes devenues cheffes de ménage après les affrontements, contraintes de porter seules le poids des pertes humaines et économiques.

Si les indemnisations collectives pourraient intervenir rapidement, les paiements individuels nécessitent encore une étape d’assainissement pour éviter toute fraude. L’impatience reste néanmoins palpable. Plusieurs participants ont insisté sur l’urgence d’agir, rappelant que ces réparations représentent bien plus qu’un soutien financier : elles constituent une reconnaissance officielle des souffrances endurées.
La relance du processus d’indemnisation est aussi une question de dignité, de justice sociale et de reconstruction. Elle revêt une importance particulière pour les femmes, souvent premières victimes silencieuses des conflits armés. Car au-delà des chiffres, il s’agit de vies à reconstruire, de blessures à panser et d’une mémoire collective à honorer.
Aggée CHUGA
