Le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph Moïse KAMBULU N’KONKO, a dévoilé, ce samedi 9 mai 2026, la nouvelle composition de son gouvernement provincial. Sur les dix ministres nommés au sein de l’exécutif dit « Kambulu II », une seule femme figure dans l’équipe gouvernementale : Marie-Isabelle BAMPENDE BANAKAYI, reconduite au ministère du Genre, de la Famille et des Enfants.
Cette faible représentation féminine au sein des institutions provinciales relance le débat sur la place des femmes dans la gouvernance publique en République démocratique du Congo.

Dans la province, Marie-Isabelle BAMPENDE BANAKAYI s’est illustrée ces derniers mois à travers plusieurs activités liées à la promotion des droits des femmes, à la lutte contre les violences basées sur le genre ainsi qu’à l’autonomisation des jeunes filles. Son ministère avait notamment coordonné les activités du mois de la femme à Kananga et facilité la visite officielle de la ministre nationale du Genre, Micheline OMBAE KALAMA, au Kasaï-Central.
Malgré cette visibilité institutionnelle, aucune autre femme n’a été nommée à des postes stratégiques au sein du nouveau gouvernement provincial.
Cette situation est vivement dénoncée par le mouvement Rien Sans les Femmes, qui a confié au micro de notre confrère de la RTNC constater un recul inquiétant de la parité.
Sa coordonnatrice, Nathalie Kambala Luse, estime que la présence d’une seule femme sur dix ministres « affaiblit les efforts engagés pour l’égalité entre hommes et femmes ».
Le mouvement rappelle que l’article 14 de la Constitution congolaise consacre la promotion de la femme ainsi que sa représentativité équitable au sein des institutions nationales, provinciales et locales.
Plusieurs organisations féminines du Kasaï-Central soulignent également que la participation des femmes aux espaces de décision demeure largement insuffisante, malgré les engagements pris par la RDC aux niveaux national et international.

Au-delà du débat politique, cette nouvelle composition gouvernementale remet en lumière les difficultés auxquelles les femmes congolaises restent confrontées dans l’accès aux postes de responsabilité.
Dans un contexte où la RDC affirme vouloir renforcer la gouvernance inclusive et promouvoir la masculinité positive, des acteurs de la société civile estiment que les provinces devraient montrer l’exemple en favorisant une représentation plus équilibrée.
Pour plusieurs observateurs, la reconduction de Marie-Isabelle BAMPENDE BANAKAYI apparaît ainsi comme un symbole à la fois encourageant et insuffisant dans un combat qui reste encore loin d’être gagné au Kasaï-Central.
Aggée CHUGA
