La professeur Madeleine MBONGO MPASI, croit aux capacités de la ministre de l’ESU Marie Thérèse SOMBO pour revaloriser le système universitaire Congolais

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Les Professeurs de la République Démocratique du Congo ont toujours souhaité voir l’un des leurs à la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et Universitaire. Chose faite dans le Gouvernement SUMINWA. Le Ministère de l’ESU est désormais dirigé par une femme en la personne de Marie-Thérèse SOMBO.

La nomination de ce professeur d’Université est saluée à sa juste valeur par Madeleine MBONGO MPASI, Professeur et Docteur en sciences de l’information et de la communication et secrétaire administrative à l’UNISIC (ex-IFASIC). Elle l’a fait savoir dans une interview accordée à POURELLE.INFO, le média féminin de référence en RDC.

POURELLE.INFO : Professeur Madeleine MBONGO MPASI que pensez-vous d’une professeure à la tête du Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire aujourd’hui?

Madeleine MBONGO MPASI : Merci de l’opportunité que vous m’accorder Pourelle.info. J’ai plutôt apprécié deux faits conjugués : la nomination d’une professeure et celle d’une professeure docteure en médecine. Pourquoi? Puisse que Marie-Thérèse Sombo l’est.

En tant que médecin, Madame Sombo connaît la valeur d’un diagnostic. Or, les lois de 2014 et 2018, qui régissent le système universitaire actuel, n’ont pas pu évaluer le parcours antérieur avant de « basculer » vers l’actuel LMD. Or, les facultés uniques de l’Unaza (Université nationale du Zaïre, 1972) avaient réussi à éviter un recrutement au rabais des maîtres, tant nationaux qu’étrangers. Le retour à la pluralité universitaire en 1986 a accru les offres d’inscription, en rapprochant les étudiants de leurs lieux géographiques de formation. Le système Padem (Pacte de modernisation) de 2003 a permis de consolider les pouvoirs du Cau (Conseil d’administration des universités), ceux relatifs à la nomination et la promotion du corps académique et scientifique sur l’ensemble du pays. 

Il y a par exemple : la rébellion du Rcd au nord-est du pays qui fut une contrainte d’attendre la fin de la guerre (1998-2002) pour voir les dossiers de ses candidats examinés par le Cau en vue de la nomination comme professeurs ès-qualité. 

Mais, le législateur congolais s’est imposé le LMD (loi n° 14 du 11 février 2014) sans au préalable un diagnostic profond, comme on le fait en procédure médicale. Je regrette notamment que cette loi ait eu comme référence centrale « le processus de Bologne de juin 1999 ». Voilà que, dix ans après notre loi de 2014, outre l’Institut de technologie de Zurich qui se pointe à la 7ème place, aucune université relevant du « processus de Bologne » ne se retrouve parmi les 35 meilleures dans le monde. Notre option référentielle n’a pas donc pas été la plus judicieuse.

PI : La Ministre de l’ESU Marie-Thérèse SOMBO a également la casquette de professeure d’Université . Quelles sont vos attentes quant à cet aspect?

MMM : En tant que professeure de médecine, Madame SOMBO connaît à la perfection le principe didactique du prérequis. Car, aucun apprenant dans sa Faculté ne peut se retrouver au cours de Chirurgie s’il n’a, au préalable, suivi celui d’Anatomie. De même, chez moi en Sic (Sciences de l’information et de la communication), nul ne peut pas correctement apprendre les théories de la communication (en 3èmeannée) s’il n’a déjà pu maîtriser la différence fondamentale entre information et communication au cours de l’année précédente. 

Or, le système LMD permet miraculeusement de « monter de classe » avec des crédits non encore validés. En termes clairs : sans avoir confirmé la compétence requise. Ainsi donc, selon moi, le LMD ne devrait pas du tout être imposé selon une uniformité horizontale, c’est-à-dire dans toutes les Facultés du pays en même temps. Dans sa casquette de Médecin, la nouvelle Ministre de l’ESU connaît le principe de la cure au cas par cas.

Bien plus, toujours à propos du LMD, notre loi de 2014 a imposé la désignation de « Licence » pour le diplôme acquis après le 1er cycle de 3 ans. Pourtant, depuis plus d’un demi-siècle, ce terme de « Licence » est d’application dans notre pays pour le bac+5. Et même nos anciens colonisateurs, les Belges, l’ont refusé pour le bac+3, préférant le terme de «Bachelor ». Il a fallu attendre dix ans pour que notre Gouvernement corrige cette grande confusion, à travers le décret du Premier ministre (n° 24 du 15 mars 2024).

En sa qualité de professeur en exercice, notre Ministre connaît à la perfection l’environnement particulier de notre système universitaire. Elle sait qu’il est le résultat d’un contexte si politisé.

En effet, la loi n°18/038, qui prévoit notamment le vote de l’Autorité académique supérieure de l’Université par ses pairs professeurs, a été promulguée en pleine effervescence politique : un jour avant les élections du 30 décembre 2018 et publiée au journal officiel juste une semaine après l’annonce des résultats. Il n’y eut donc jamais eu débat ouvert sur les applications pratiques de cette disposition légale.

En tout cas, des contestations ou bouderies ayant suivi, à tort ou à raison, les dernières rotations par la Tutelle, il se dégage la problématique des compétences locales, sans égard à des partis politiques ou aux tribus. Cela éviterait, paraît-il, le temps inutilement perdu par un philosophe pour commencer à diriger la Faculté de médecine ou par un ingénieur comme doyen de la Faculté de droit.

POURELLE.INFO : Professeur Madeleine MBONGO MPASI, vous êtes si rassuré que Marie Thérèse SOMBO AYANE dans sa casquette de médecin va faire bouger les choses? 

Madeleine MBONGO MPASI : La Ministre de l’ESU en tant que médecin pratiquant, elle connaît l’importance d’une autonomie des parties prenantes d’un établissement hospitalier : un labo avec plateau technique à jour, un fichier de patients informatisé, des urgentistes sans défaut, etc. Il en est de même de chacune de nos universités, qui est en face des impératifs particuliers, pour lesquels la Tutelle se devrait d’accepter qu’un budget interne ou externe soit être mobilisé en toute priorité.

Par exemple, chez moi à l’UNISIC, l’internet haut débit est indispensable. J’attends de mes étudiants, en effet, qu’ils soient branchés 24h/24 sur le monde qui évolue sans retard. Et, justement dans cette perspective, il n’est pas surprenant que, à ce jour à travers le monde, les étudiantes soient majoritaires en communication. Les femmes sont devenues avant-gardistes dans ce siècle. 

Étant dans le Gouvernement, nous, le corps académique comptons énormément sur la Ministre Sombo Ayane qui a la maîtrise de l’utilité de ce que l’on nomme dans son domaine avec prestige : « congrès de médecin ». Il s’agit des instants dédiés, à intervalles réguliers, à faire le point sur le progrès de la science médicale. Les autres sciences ont mis au point une structure pareille.

Il est ainsi aujourd’hui acquis, d’ailleurs dans toutes les universités du « processus de Bologne », un système unique de formation doctorale. Il passe par les « écoles doctorales » et les comités d’encadrement des doctorants. Cela est exigé depuis la suppression du Déa (diplôme d’études approfondies). Ainsi, un doctorant qui est recalé deux années de suite par son comité d’encadrement et de recadrage est arrêté dans cette épreuve post-universitaire. 

Or, une telle exigence n’apparaît pas dans les instructions académiques provenant de la Tutelle ces dernières années. Comme si l’acquisition du doctorat dépendait de son seul maître, comme au siècle dernier. Cela semble être une lacune.

Avec les atouts suffisants qu’elle possède, j’estime que la Ministre Marie-Thérèse Sombo Ayane va  revaloriser le système universitaire congolais. 

Les attentes à l’endroit de la ministre de l’ESU, Marie Thérèse SOMBO, sont nombreuses. Espérons qu’elle adhère à ces propositions et qu’elle ait des mains non liées afin d’améliorer ou de revaloriser le système universitaire Congolais.

MM

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