À Kenge, dans la province du Kwango, enseigner relève d’un engagement profond, souvent éprouvé par des conditions de vie et de travail difficiles.
En cette Journée de l’enseignement célébrée le 30 avril , les voix des femmes éducatrices s’élèvent, non seulement pour célébrer leur métier, mais aussi pour alerter.

« Je ne peux pas arrêter », dit Marie-Rose KIMFUMA, interrogée au téléphone. Enseignante depuis 31 ans à l’École primaire Pont Wamba, elle incarne cette génération de femmes qui tiennent debout, malgré tout. Chaque jour, elle parcourt de longues distances à pied pour se rendre à l’école. Une réalité éprouvante, mais devenue normale dans son quotidien.
Au-delà de la salle de classe, une autre journée commence à son retour à la maison. Mère au foyer, elle doit s’occuper de sa famille, assurer les tâches domestiques et continuer à prendre ses responsabilités, sans répit.
Une passion plus forte que les difficultés
Malgré son ancienneté et son engagement, les conditions restent précaires. Le salaire perçu est jugé insuffisant, souvent difficile à récupérer.
Comme beaucoup d’autres enseignants, Marie-Rose est contrainte de passer des heures, parfois des jours, à « traîner » dans des banques pour toucher une rémunération déjà minime.
Une réalité qui illustre les défis structurels auxquels font face les enseignants en RDC.
Et pourtant, elle continue.
Parce qu’au-delà des contraintes, il y a la passion.
Parce qu’au-delà des difficultés, il y a la responsabilité de former.
Un plaidoyer porté par les femmes enseignantes
En ce 30 avril, les enseignantes de Kenge lancent un appel clair :
celui de l’amélioration des conditions de traitement des enseignants en République Démocratique du Congo.
Elles demandent : une rémunération digne, un accès plus simple et plus rapide aux salaires, de meilleures conditions de travail et une reconnaissance réelle de leur rôle dans la société.

Enseigner pour bâtir l’avenir
À travers Marie-Rose KIMFUMA et tant d’autres, se dessine le visage d’une profession portée par des femmes courageuses, déterminées à transmettre le savoir malgré tout.
Leur combat mérite d’être entendu, car derrière chaque enseignante, il y a une histoire de sacrifice, de résilience et d’espoir.
Et dans chaque salle de classe de Kenge, se construit, silencieusement, l’avenir de la RDC où sont formés la plupart des cadres de ce pays.
MMK
