« Quid des causes et moyens de prévention de la fistule obstétricale chez la femme lors de l’accouchement », une sage femme explique

À l’occasion de la journée Internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale célébrée chaque 22 mai, Rhina LUFUNDU MANZANZA, sage-femme à l’hôpital provincial de référence de Kinkanda à Matadi, dans la province du Kongo-Central, dans l’ouest de la République Démocratique du Congo, a étalé au micro de POURELLE.INFO , les causes et les modes de prévention de la fistule obstétricale chez les femmes lors de l’accouchement.

Mais avant tout Rhina LUFUNDU a défini la fistule obstétricale :

« Par définition simple, une fistule obstétricale est une ouverture anormale qui se forme entre le vagin et un autre organe voisin, généralement la vessie ou le rectum suite à plusieurs causes. Cette ouverture se crée le plus souvent aussi à la suite d’un accouchement difficile ou prolongé, sans soins médicaux adéquats. Elle peut entraîner des fuites constantes d’urine ou de selles, affectant gravement la qualité de vie de la femme », a-t-elle dit.

Parmi les principales causes de la fistule obstétricale provoquée lors de l’accouchement, Rhina LUFUNDU a cité :

  • Un accouchement prolongé ou dystocique, c’est-à-dire un travail difficile ou long qui n’évolue pas normalement ;
  • L’absence d’assistance médicale adéquate : lorsqu’une femme accouche dans un endroit non médicalisé, sans personnel soignant formé, les risques de complications, dont la fistule, augmentent fortement ;
  • Des pressions prolongées du fœtus sur les tissus : cela peut entraîner des lésions au niveau du vagin, du rectum, voire des viscères;
  • Des déchirures sévères : si elles ne sont pas bien prises en charge immédiatement, elles peuvent évoluer en fistule.
    Des causes qui sont liées, selon elle, à plusieurs facteurs de risque aggravants tels que la pauvreté, la malnutrition et les pratiques traditionnelles dangereuses.

« Certaines femmes prennent des décoctions ou des produits traditionnels censés faciliter l’accouchement, mais qui provoquent au contraire de violentes contractions pouvant causer des déchirures lors de l’accouchement », a-t-elle fait savoir.

Selon ses propos, tous ces éléments montrent l’importance cruciale d’un suivi médical qualifié durant la grossesse et l’accouchement, fort malheureusement plusieurs personnes n’en ont pas toujours les moyens.
La fistule obstétricale touche souvent de manière disproportionnée les femmes et les filles pauvres, défavorisées et marginalisées.
Rhina LUFUNDU souligne que la prévention passe par une bonne prise en charge médicale, une éducation à la santé reproductive, et l’abandon des pratiques traditionnelles risquées.

La fistule obstétricale peut être prévenue. Cela repose principalement sur :

  • L’accès à des soins de qualité : Il est essentiel que les femmes enceintes soient suivies par un personnel qualifié (médecins, infirmières, sages-femmes…) dans des structures de santé bien équipées ;
  • L’espacement des naissances : Les grossesses trop rapprochées affaiblissent le corps de la femme et augmentent le risque de complications ;
  • L’abandon des pratiques traditionnelles dangereuses : L’usage de décoctions ou de substances pour accélérer le travail à domicile peut provoquer des contractions violentes, causant des déchirures graves et menant à la fistule ;
  • L’usage de la sonde urinaire préventive : Chez certaines femmes à risque, la pose d’une sonde urinaire pendant le travail peut réduire la pression prolongée sur la vessie et prévenir la formation d’une fistule lors de l’accouchement.

Nous avons demandé à cette professionnelle de santé, si la fistule obstétricale, qui aujourd’hui peut faire l’objet de prévention, peut également être traitée ?

‹‹ Oui, il existe un traitement. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une intervention chirurgicale qui permet de refermer la communication anormale entre les organes (souvent entre le vagin et la vessie ou le rectum). Pour traiter la fistule obstétricale, nous faisons généralement appel aux chirurgiens spécialisés, car cette opération nécessite une expertise médicale particulière. En résumé, le traitement repose principalement sur la chirurgie réparatrice », a conclut la sage femme Rhina LUFUNDU.

Divine LUKOMBO

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