La récente vague de nominations et de reconductions de mandataires au sein des entreprises et établissements publics de la République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique. Si ces désignations, officialisées par ordonnance présidentielle, visent à renforcer la gouvernance des institutions publiques, elles soulèvent également des interrogations quant à la place accordée aux femmes dans les postes de décision.
Une représentation féminine jugée insuffisante
Les ordonnances signées par le président de la République, Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO, et lues le 3 juin 2026 à la télévision nationale par sa porte-parole, Tina SALAMA, ont concerné 39 postes de responsabilité. Parmi ces nominations, seulement dix femmes ont été désignées, soit environ 25 % des effectifs, contre vingt-neuf hommes représentant près de 75 %.

Cette répartition a été vivement critiquée par plusieurs organisations de défense des droits des femmes et de promotion de l’égalité des chances. Parmi elles, le Réseau international des jeunes pour le développement (RIJDD) qui a exprimé sa préoccupation face à ce qu’il considère comme une représentation insuffisante des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises publiques.
Le rappel des exigences constitutionnelles
Dans un communiqué relayé par l’Agence congolaise de presse (ACP), l’organisation a notamment regretté qu’aucune femme n’ait été nommée au poste de directrice générale. Pour le RIJDD, les avancées enregistrées en matière d’inclusion féminine doivent désormais se traduire par un accès réel aux fonctions stratégiques de prise de décision et non se limiter aux postes adjoints ou consultatifs.

L’organisation a rappelé que l’article 14 de la Constitution congolaise consacre le principe de la représentation équitable de la femme dans les institutions nationales, provinciales et locales. Ce texte fondamental engage également l’État à promouvoir la parité entre les hommes et les femmes dans la gestion des affaires publiques.
Une place également réclamée pour les jeunes
Au-delà de la question du genre, le RIJDD a également plaidé pour une meilleure intégration de la jeunesse dans les futures nominations. Selon cette structure, l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants pourrait contribuer à apporter des réponses innovantes aux défis liés au développement durable, à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à la gouvernance.
Malgré ces réserves, le réseau a salué la volonté des autorités de renforcer l’efficacité des entreprises publiques à travers la mise en place de nouvelles équipes dirigeantes. Ces dernières auront la responsabilité d’améliorer la performance des services publics et de soutenir les ambitions de développement économique du pays.
Des femmes présentes, mais rarement aux postes de premier plan
Parmi les femmes ayant accédé à des postes de responsabilité figurent notamment Bilonda Lubangi Okito, nommée présidente du conseil d’administration de l’Agence pour la promotion des classes moyennes congolaises (APROCM), Belinda Lutandila, désignée directrice générale adjointe de cette même institution, ainsi que Christelle Mwabilu, nommée directrice générale adjointe de l’Office congolais de contrôle (OCC). Fanny Bilelo a quant à elle été portée aux fonctions de directrice générale adjointe de l’Agence de régulation et de contrôle des assurances (ARCA).
Ces nominations témoignent d’une présence féminine dans les structures publiques, mais elles mettent également en évidence la faible proportion de femmes occupant les plus hautes fonctions exécutives au sein des entreprises de l’État.

De fortes attentes pour les nouveaux mandataires
Alors que les nouveaux mandataires prennent progressivement leurs fonctions, les attentes demeurent élevées. Entre impératifs de performance, exigences de bonne gouvernance et revendications en faveur d’une plus grande représentativité des femmes et des jeunes, ces nominations constituent un nouveau test pour la politique de modernisation et d’inclusion portée par les autorités congolaises.
Les observateurs estiment que les prochaines nominations seront particulièrement scrutées afin de mesurer les progrès réalisés en matière de parité et d’égalité des chances dans la gestion des institutions publiques.
Ezéchiel NGAMANIA
