Revaloriser la femme et la jeunesse congolaise tel est le challenge que s’est assigné la présidente de l’ONG “Sauvons la femme, “SF” en sigle.
Raicha WEMBO KAMESA est activiste et militante des droits de la femme en République Démocratique du Congo.

Pourelle.info, le premier média féminin de référence en Afrique toujours dans sa quête de rencontrer les héroïnes qui luttent contre les maux qui rongent la femme congolaise, s’est entretenu avec RaichaWEMBO KAMESA sur les objectifs de son association, ses réalisations, difficultés rencontrées et les défis a relever.
Pourelle.info : Pouvez-vous nous parler de la mission de votre ONG ?
Raicha WEMBO : L’ONG “SAUVONS LA FEMME” existe depuis 2018. C’est une vision que j’ai eu en accord avec le proverbe 31:10, qui dit « qui peut trouver une femme vertueuse ? Elle a plus de la valeur que des perles », alors la vision que je poursuis n’est pas d’abord spirituelle parce que ce n’est pas une église mais une ONG. Le but est de faire comprendre à la femme la place qu’elle occupe aux yeux de Dieu, c’est-à-dire que Dieu la voit comme cet être qui a beaucoup plus de valeur que les perles mais aussi lui faire comprendre le rôle qu’elle doit jouer dans la société.
P.I : Quels sont les principaux programmes et projets que votre ONG met en œuvre ?
R.W : Depuis 2018, nous travaillons activement sur la femme en générale notamment sur les jeunes filles de ma génération. Mais récemment, je suis beaucoup plus allée dans le camp de Pakadjuma, je l’appelle mon champ d’action parce que là il y a cette catégorie de femmes qui non seulement ne se voient pas comme étant des femmes de valeur, puisque la plupart transforment leur corps en marchandise pour un 2000fc, 3000fc pour 5000fc.

Alors c’est un travail profond que nous faisons dans ce quartier de Kinshasa. Nous leur apportons un message pour conscientiser, valoriser, mais aussi par la grâce de Dieu, nous n’allons pas les mains vides. Nous apportons de vivres et non vivres pour elle. Notre objectif est de reprendre ces femmes pour en faire des êtres de valeur dans la société, en créant des centres de formations où elles apprennent gratuitement des métiers, afin qu’elles sachent comment gagner de l’argent en travaillant. Elles pourront par la suite mieux se valoriser et être une valeur ajoutée à la société.
P.I : Comment votre ONG a-t-elle un impact positif sur la communauté pour la cause que vous défendez ?
R.W : Lorsque nous regardons la jeunesse aujourd’hui, la génération des jeunes filles, il y a beaucoup plus de dépravation de mœurs que de valeurs. C’est ainsi que notre but est de pouvoir travailler, revaloriser la femme, la jeunesse, et cela au bénéfice notamment des femmes du quartier Pakadjuma, dans la commune de LIMETE, à Kinshasa, justement vers lesquelles nous nous sommes vraiment penchés ces dernières années. Donnons à ces femmes un travail, en leur apprenant un métier, nous les aidons justement à aller de l’avant. Voilà de quelle manière nous apportons notre pierre pour la promotion de la femme.
P.I: Parlez-nous de vos réalisations dont votre ONG est particulièrement fière ?

R.W : Alors depuis des années nous sensibilisons les femmes, les jeunes filles dans les universités et dans des écoles. Nous les avons sensibilisés et nous avons éveillé leur conscience. Et a chaque fois que nous sommes invités par d’autres Asbl ou événements nous n’hésitons pas à interpeller les filles sur le réveil de conscience. Nous avons également un caucus, un groupe de femmes que nous avons déjà commencé à encadrer et à qui nous apprenons certains métiers, elles sont très ouvertes et très réceptives.
P.I : Comment votre ONG mesure-t-elle son impact et son efficacité dans la réalisation de sa mission ?
R.W: En vrai, nous nous félicitons, parce que ce n’est pas facile de pouvoir travailler dans une organisation 6 ans sans financement, sans un partenariat ni bailleur de fonds. Nous travaillons avec nos propres moyens, nous fournissons des efforts par la grâce du seigneur, et nous voyons ce que cela produit.
Donc avec les objectifs que nous poursuivons, nous disons une fois que nous aurons des opportunités, notre vision va impacter non seulement pour la jeunesse, mais aussi pour la femme en général.
P.I : Quels sont les défis auxquels votre ONG est confrontée et comment les surmontez-vous ?
R.W : Alors les défis sont énormes, mais je citerai les principaux qui sont financiers et matériels.
Concernant les défis financiers, dans mon champ de bataille “le quartier Paka Djuma” qui compte un grand nombre de femmes, alors je doute vraiment que même la maison communale de LIMETÉ connaît le nombre exact de femmes qu’il y a dans ce quartier. Il suffit juste que la jeune fille ait sa petite poitrine visible que directement elle se mette au même métier (la prostitution) que font leurs aînées qui sont même de plus de cinq ans. Notre grand souci est de ne pas seulement parler et faire des dons mais que nous soyons plus pratiques.
Concernant les défis d’ordre matériels, nous tenons à offrir des centres de formation à ces femmes.
P.I : Comment votre ONG communique-t-elle pour faire connaître vos actions à un public plus large ?
R.W : Aujourd’hui, nous avons les réseaux sociaux qui sont très efficace, d’ailleurs c’est là où nous sommes très actifs et chaque fois que nous avons des activités nous avons des images, des médias par exemple vous chez qui nous passons pour faire diffuser et laisser nos emprunts.

Notons que l’ONG “sauvons la femme” reste ouverte pour un partenariat ou soutien. Ceux qui sont intéressés peuvent contacter les responsables de cette structure via les adresses suivantes :
Facebook : Sauvons la femme SF
Instagram : Sauvons la femme SF
Numéro de téléphone : +243 993 994 886 Whatsapp et appel
Germaine BAKAMBANA
