Le 21 septembre, le monde célèbre la Journée internationale de la paix. En République démocratique du Congo, où les blessures des conflits se font encore sentir, certaines voix se distinguent par leur courage et leur persévérance.
Thérèse KULUNGU, Liberata RUBUMBA et Neema NAMADAMU incarnent trois visages différents d’un même combat : celui de la paix.
Militante de la justice, médiatrice communautaire et activiste numérique, elles montrent que les femmes congolaises sont des bâtisseuses incontournables d’un avenir apaisé.
Thérèse KULUNGU : la militante de la justice et de la réparation

Membre du Conseil d’administration de la Fondation Panzi, Thérèse KULUNGU est une figure engagée de la défense des victimes de violences sexuelles dans l’Est de la RDC. En 2024, elle a été primée « Femme de paix » par l’organisation Mères pour la paix France, une reconnaissance qui honore son combat au quotidien.
Son action est guidée par une conviction : «sans justice pour les victimes, il n’y aura jamais de paix véritable ». Aux côtés de survivantes, elle plaide pour des réparations, une meilleure prise en charge et une reconnaissance de leurs droits. Thérèse incarne la militante inlassable, qui relie la paix au devoir de mémoire et de justice.
Liberata RUBUMBA : la médiatrice communautaire

Au Nord-Kivu, Liberata RUBUMBA préside le Programme d’Action Communautaire des Femmes pour le Développement Intégré (PAKOFETI) ainsi que le Réseau des Femmes Ambassadrices et Médiatrices pour la Paix.
Sa mission ? Faciliter le dialogue là où les tensions éclatent. Qu’il s’agisse de rivalités entre communautés, de conflits fonciers ou de blessures héritées des guerres, elle mobilise les femmes comme actrices de médiation. Par leur parole, leur écoute et leur ancrage local, elles réussissent là où parfois les institutions échouent.
Liberata rappelle que la paix n’est pas seulement une affaire d’accords politiques, mais aussi de relations humaines, reconstruites au quotidien dans les villages et quartiers.

Neema NAMADAMU : la voix des femmes à travers les médias

Avec Neema NAMADAMU, la paix prend une dimension moderne et inclusive. Militante pour les droits des femmes et des personnes handicapées, elle a fondé le Maman Shujaa Media Center, qui utilise les technologies numériques pour donner la parole aux femmes dans les zones en conflit.
Grâce aux médias et à Internet, des témoignages de femmes longtemps réduites au silence sont aujourd’hui visibles et entendus dans le monde. Neema croit au pouvoir des mots et de l’information pour déconstruire les violences et bâtir une société plus égalitaire. Elle incarne la nouvelle génération d’activistes qui associent numérique et plaidoyer pour la paix.

Trois parcours, une même mission
Qu’elles défendent les victimes devant la justice, apaisent les tensions dans les villages ou amplifient la voix des femmes à travers le numérique, Thérèse, Liberata et Neema rappellent que la paix n’est pas un slogan. C’est un chemin exigeant, tissé par des mains de femmes courageuses, résilientes et visionnaires.
En ce 21 septembre, leur parcours nous rappelle que sans les femmes, il ne peut y avoir de paix durable. Soutenir leurs actions, c’est donner à la RDC et au monde une chance d’écrire une autre histoire.
MMK
