Depuis le 29 octobre 2025, la Tanzanie traverse une période de fortes tensions. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Dar es Salaam. La population exprime son ras-le-bol face à la gouvernance de la présidente Samia SULUHU, accusée de dérives autoritaires, de faire taire l’opposition et de favoriser un système politique qui étouffe la démocratie.

Les récentes élections générales, jugées non transparentes par une partie de la population, ont été le déclencheur de cette crise. Le scrutin du mercredi 29 octobre, combinant élections présidentielle et législatives, s’est déroulé dans un climat lourd de tensions et d’exclusion. Les deux principaux adversaires de la présidente Samia SULUHU ont été emprisonnés ou disqualifiés, ne laissant en lice que seize candidats issus de petits partis, sans réelle capacité à mener une campagne nationale. Cette situation a profondément choqué la population, qui parle désormais d’un « abus de pouvoir » et dénonce une élection loin d’être libre et équitable.

Pourtant, à son arrivée au pouvoir en mars 2021, après le décès de l’ancien président John MAGUFULI, Samia SULUHU incarnait l’espoir d’un vent nouveau. Première femme présidente de Tanzanie, elle promettait ouverture, liberté et dialogue. Mais au fil du temps, cet espoir s’est estompé. Les réformes annoncées peinent à se concrétiser, la liberté de la presse est de plus en plus restreinte et l’opposition se dit persécutée.
Selon certaines sources, les violences auraient causé la mort d’environ 700 personnes, bien qu’il soit impossible de le vérifier de manière indépendante en raison de la coupure quasi totale d’Internet et du contrôle strict exercé par les autorités sur les hôpitaux et les médias.

Germaine BAKAMBANA
