Le mardi 16 décembre 2025, au centre ELAIS, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, les femmes défenseures des droits humains, membres de la Synergie congolaise des femmes défenseures des droits humains (SyCOFDDH), se sont réunies pour échanger sur l’évolution de la situation de la paix et de la sécurité en République démocratique du Congo.

Elles ont également discuté du rôle que doivent jouer les femmes défenseures des droits humains dans le contexte actuel de la crise sécuritaire, notamment face à l’occupation des villes par l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda.

Pour contribuer à une paix durable au pays de Lumumba, la SyCOFDDH, à travers les participantes, a recommandé aux parties prenantes les mesures suivantes :

- À la RDC :
Défendre et protéger la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays;
Mettre en œuvre immédiatement les accords;
Restaurer l’autorité de l’État à Uvira et dans d’autres zones occupées;
Impliquer les femmes dans la gouvernance et la sécurité;
Inclure les femmes dans le processus de paix;
Favoriser le dialogue entre les citoyens qui n’ont pas pris les armes, car « les linges sales se lavent en famille ». - Au Rwanda :
Respecter les engagements pris dans les accords;
Cesser tout soutien à l’AFC/M23;
Coopérer pour la stabilité régionale;
Prioriser des relations de bon voisinage avec la RDC et les autres pays. - Aux États-Unis :
Maintenir la pression diplomatique pour le respect des accords et de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU);
Soutenir les initiatives de paix. - Aux Nations unies :
Faire respecter la résolution 2773 du CSNU.
Faciliter le mandat de la MONUSCO pour la protection des civils;
Appliquer la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité;
Imposer le cessez-le-feu et le retrait de l’AFC/M23. - À l’Union africaine :
Faire respecter les résolutions;
Envoyer une mission de stabilisation forte;
Impliquer les femmes dans les processus de paix, de négociation et de médiation. - À l’AFC/M23 :
Respecter les accords et les résolutions;
Cesser immédiatement les hostilités;
Se retirer d’Uvira et d’autres villes;
Négocier le désarmement et la réintégration;
Respecter les droits humains et le droit international humanitaire. - À la société civile :
Mener des plaidoyers pour la restauration de la paix et de la sécurité;
Surveiller et dénoncer les violations des droits humains;
Sensibiliser à la protection des droits des femmes, des enfants et des populations civiles;
Plaider pour la création de corridors humanitaires. - À la population :
Dénoncer les violations;
Exiger la paix et la justice. - Aux femmes défenseures des droits humains :
Rester unies et solidaires pour la défense des droits humains des populations en détresse;
Faire pression sur tous les acteurs pour l’inclusion des femmes;
Documenter les violences basées sur le genre;
Exiger la justice pour les femmes;
Plaider pour l’application des résolutions 1325 et 1820;
Cette déclaration a été faite à l’issue d’une rencontre organisée pour discuter du rôle des femmes défenseures des droits humains dans le contexte de la crise humanitaire et sécuritaire en RDC, particulièrement dans l’Est du pays occupé par l’AFC/M23 appuyé par le Rwanda. 24 associations de femmes défenseures des droits humains ont participé à l’activité, qui a été soutenue financièrement par ONU Femmes dans le cadre de son pilier « Femmes, Paix et Sécurité».
Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que de la commémoration de la Journée internationale des femmes défenseurs des droits humains, célébrée chaque 29 novembre.

Ézéchiel NGAMANIA
