Les organisations féminines de la société civile ont salué l’initiative du Sénateur BAHATI LUKWEBO, auteur de la proposition de loi portant prévention et répression de toutes les formes de discrimination et de violences faites aux femmes. Bien qu’elles estiment que des amendements doivent y être apportés, elles félicitent cette avancée majeure vers une meilleure protection des droits des femmes en République démocratique du Congo.

Cette proposition de loi, introduite par le Deuxième Vice-Président du Sénat, a été déclarée recevable et est actuellement en étude au sein des commissions Politique, Administrative et Juridique (PAJ) ainsi que Socio-Culturelle pour approfondissement.

C’est au cours d’une session d’échange organisée par l’ONU Femmes que les représentantes des organisations féminines ont exprimé leur position.
Cette rencontre avait pour objectif de créer un espace de dialogue et de réflexion collective autour des stratégies d’appropriation et de plaidoyer en faveur de l’adoption et de la mise en œuvre de cette loi qualifiée de « cruciale » pour la promotion et la protection des droits des femmes congolaises.

Des échanges constructifs et des engagements concrets
Au nom du Sénateur BAHATI LUKWEBO, Maître Élodie, sa représentante, a salué cette démarche inclusive.

« C’est avec un sentiment de satisfaction que nous venons de prendre part à la séance d’échange avec les grandes organisations de la société civile qui réunissent des femmes déterminées à accompagner le processus d’adoption de la proposition de loi portant protection des femmes et autres personnes victimes de violences domestiques et de discriminations liées au genre », a-t-elle déclaré au micro de POURELLE.INFO
Elle a souligné que cette proposition, souvent appelée « Loi Bahati », comporte plusieurs innovations visant à renforcer la position de la femme au sein de la société, notamment sur les questions des violences domestiques, des discriminations et de la promotion de l’égalité des chances.
« Comme vous l’avez constaté, cette proposition est saluée par les grandes actrices de la société civile qui travaillent sur les questions de genre. Elles ont apporté leurs contributions et recommandations, et elles sont déterminées à accompagner ce processus jusqu’à son adoption, sa publication et sa vulgarisation », a ajouté Maître Élodie.
Une commission restreinte et des actions prioritaires
À l’issue des échanges, une commission restreinte coordonnée par le FFC (Forum des Femmes Citoyennes et Engagées) a été mise en place pour travailler dans les 48 heures afin de formuler des amendements concrets à la proposition de loi.
De son côté, Maître Pacifique NKUNZI a proposé quatre actions prioritaires à mener, sans préjudice à la proposition de l’atelier : Mettre en place une veille citoyenne active, pour informer régulièrement la Commission parlementaire des avancées du plaidoyer et assurer un suivi participatif du processus ; Organiser des auditions législatives citoyennes, en constituant une équipe d’experts capable de défendre techniquement les amendements proposés par les organisations féminines devant la Commission;
Rédiger une note de synthèse claire et argumentée pour appuyer les interventions des experts, tout en garantissant une coordination entre les organisations de la société civile; Faire reconnaître officiellement ces experts auprès du Sénat, afin que leurs contributions soient prises en compte dans le travail législatif.
Une initiative saluée et soutenue par ONU Femmes
Pour Maître Jules, intervenant à cette session, l’importance de cette démarche portée par l’ONU Femmes est capitale :

« ONU Femmes tient à ce que les organisations féminines participent activement à ce processus. Leur apport est essentiel pour que cette loi soit non seulement adoptée, mais aussi appropriée par toutes les femmes congolaises », a-t-il insisté.
Vers une appropriation citoyenne de la Loi Bahati
En clôture, les participantes ont réaffirmé leur engagement à accompagner la proposition de loi BAHATI LUKWEBO jusqu’à son adoption définitive, tout en appelant à une large mobilisation des femmes et des acteurs de la société civile pour en assurer la vulgarisation et la mise en œuvre effective.

Cette démarche marque une étape importante du plaidoyer féministe congolais, inscrite dans une volonté collective de voir la République démocratique du Congo se doter d’un instrument juridique fort contre les violences et les discriminations faites aux femmes.
MMK
