La capitale congolaise a vibré au rythme de la première édition du Salon Bâtir’Elle. Un espace d’échanges et de réflexion consacré à la promotion des femmes dans le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP). Placée sous le thème « Le BTP, levier du développement de la RDC : défis et opportunités pour les femmes ingénieures », cette rencontre a réuni institutionnels, experts, entrepreneures et jeunes professionnelles.

Une ouverture solennelle
La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national, suivie de l’allocution inaugurale de l’ingénieure Judith BWALELO, fondatrice du cercle Bâtir’Elle. Dans son discours, elle a rappelé la vision et les objectifs de cette plateforme :

« Nous nous retrouvons ici non seulement pour célébrer l’ingénierie féminine et rendre hommage à l’ingéniosité de la femme congolaise, mais surtout pour engager une réflexion collective sur la contribution du génie féminin dans la construction matérielle et symbolique de la République démocratique du Congo ».
Premier panel : leadership et formation
Le premier temps fort du salon a été animé par Georgine SELEMANI, Directrice générale adjointe du FONER, autour du thème « Le leadership féminin dans le BTP : pilier de l’émergence du secteur en RDC ».

Elle a insisté sur le rôle structurant du BTP dans le développement national, tout en pointant le défi majeur du financement de l’entretien routier.
Selon elle, l’intégration du leadership féminin apporte une réponse crédible :
« Le leadership féminin se distingue par la rigueur et la culture de la redevabilité. Il s’inscrit dans une vision à long terme et non dans des solutions à court terme ».
Le professeur, docteur Cédric TSHIBANGU, Directeur général de l’INBTP, a ensuite abordé les enjeux liés à la formation des ingénieurs. Il a rappelé que les exigences académiques et professionnelles sont identiques pour les hommes et les femmes, mais que ces dernières doivent surmonter un double défi : la maîtrise technique et l’imposition dans un environnement marqué par des stéréotypes de genre.

« Un BTP qui exclut la notion du genre se fragilise », a-t-il conclu.
Deuxième panel : résilience et entrepreneuriat

Le second panel a mis en lumière des parcours féminins inspirants. Clarisse FALANGA, présidente de la Fondation Femmes et STEM, a invité les participantes à briser le plafond de verre grâce à la confiance en soi, la constance et une meilleure connaissance de soi.

De son côté, Hélène GAKURU, Directrice générale adjointe du FOGEC, a partagé une approche pragmatique de l’entrepreneuriat féminin dans le BTP, articulée autour de quatre actions clés : clarifier sa vision, définir sa cible, chiffrer ses projets et passer à l’action.

« Ceux qui réussissent ne sont pas ceux qui n’ont pas d’obstacles, mais ceux qui les anticipent et les affrontent », a-t-elle souligné.
Des recommandations pour l’avenir
Les échanges interactifs et les sessions de questions-réponses ont permis aux participantes de partager leurs expériences et préoccupations. Plusieurs recommandations ont émergé, notamment la nécessité de faire du cercle Bâtir’Elle un réseau fédérateur réunissant ingénieures et entrepreneures du secteur.

Une clôture symbolique
La rencontre s’est achevée par une photo de famille, symbole de la réussite de cette première édition.
Dans son mot de clôture, Judith BWALELO, a encouragé les participantes et participants à capitaliser sur les enseignements et à s’approprier pleinement le réseau Bâtir’Elle.
Ainsi s’est refermé le Salon Bâtir’Elle, posant les bases d’un engagement durable pour une plus grande inclusion des femmes ingénieures dans le développement du BTP en République démocratique du Congo.

Aggée CHUGA
