La publication du nouveau gouvernement provincial du Haut-Katanga, composé de neuf hommes pour une seule femme, continue de susciter une vague d’indignation au sein de la classe politique féminine.

Trois voix leaders du Haut-Katanga se sont particulièrement fait entendre ce samedi 28 mars : Immaculée Bagabe, Viviane Masengo Tshieja et Bijou Mushitu Kat N’Fund.

Première à réagir, Immaculée Bagabe Présidente du parti politique LCM « les Chrétiens en marche » a exprimé son amertume face à une composition gouvernementale qu’elle considère comme une violation manifeste de l’article 14 de la Constitution congolaise, qui consacre la parité homme-femme.

Tout en adressant ses félicitations aux nouveaux ministres, elle déplore une représentativité féminine limitée à 10 %, estimant que cette situation va à l’encontre des engagements du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, en faveur de la masculinité positive et de l’égalité des genres.
De son côté, Viviane Masengo Tshieja élargit le débat en dénonçant une problématique structurelle. Selon elle, la sous-représentation des femmes dans les gouvernements provinciaux, et particulièrement dans le Haut-Katanga, reflète des inégalités profondément enracinées dans les sphères politique, sociale et économique. Elle insiste sur le fait que cette situation ne résulte pas d’un manque de compétences féminines, mais plutôt de barrières systémiques persistantes.

Pour cette leader engagée, l’exclusion des femmes des instances décisionnelles prive la gouvernance de perspectives essentielles et freine le développement du pays. Elle plaide ainsi pour des mesures concrètes, notamment l’instauration de quotas contraignants afin de garantir une participation équitable.
Enfin, la députée Bijou Mushitu Kat N’Fund, ancienne ministre provincial du Genre et ex-vice-gouverneure du Haut-Katanga, s’inscrit dans la même dynamique critique. Elle qualifie la configuration actuelle du gouvernement provincial de recul dans la lutte pour les droits des femmes.

Soulignant que la seule femme nommée occupe le portefeuille traditionnel du Genre, Bijou Mushitu appelle à une revalorisation des compétences féminines au sein de la plateforme politique de l’Union sacrée.
Pour elle, plusieurs femmes sont pleinement capables d’assumer des responsabilités stratégiques au sein de l’exécutif provincial. Ces prises de position convergent vers un même constat : la composition actuelle du gouvernement du Haut-Katanga reste en décalage avec les principes constitutionnels et les engagements nationaux et internationaux de la République démocratique du Congo en matière d’égalité des genres.
Elles traduisent également une pression croissante pour un rééquilibrage urgent, perçu non seulement comme une exigence de justice sociale, mais aussi comme un levier essentiel pour une gouvernance plus inclusive et efficace.
MMB
