Les autorités de la ville de Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, sont appelées à accélérer le processus d’identification, d’enregistrement et de paiement des veuves de militaires, ainsi que des femmes dont les maris sont actuellement engagés sur la ligne de front contre l’agression rwandaise menée via les rebelles du M23/AFC.

Ce plaidoyer a été formulé le jeudi 5 juin 2025 par Joseph SABUNI, responsable de la société civile – noyau communal de Mulekera au micro de notre correspondant.
Selon lui, ces femmes, confrontées à une situation de grande précarité, se sont installées autour du camp militaire d’Ozakaff, notamment dans les bureaux du quartier et de la jeunesse de Tamende, où elles passent désormais la nuit dans l’attente du paiement des arriérés de solde de leurs maris.

« Cela fait au moins une semaine que ces femmes veuves et épouses de militaires s’enregistrent dans le quartier Tamende, dans la commune de Mulekera, afin de percevoir les soldes de leurs maris, dont certains sont encore au front. Nous, en tant que société civile, demandons aux autorités d’accélérer ce processus car ces femmes commencent à occuper les habitations et les espaces privés d’autrui », a alerté Joseph SABUNI.
Ce dernier appelle également les autorités locales à aménager un site d’accueil temporaire pour éviter des tensions dans les quartiers.
« Nous sollicitons du bourgmestre de Mulekera qu’il trouve un lieu approprié pour accueillir ces femmes. Il faut éviter de perturber la vie des habitants et garantir à ces femmes des conditions humaines. On ne peut pas venir de Rutshuru ou de Goma pour percevoir la solde d’un mari militaire et être obligé de dormir dans la rue », a-t-il insisté.

Enfin, Joseph SABUNI exhorte à un élan de solidarité communautaire envers ces femmes vulnérables, dont les conditions de vie à Beni sont particulièrement difficiles.
Esaïe KYALWAHI, correspondant Nord-Kivu
