Ce jeudi 20 novembre, dans la salle Utex Africa, l’atmosphère avait quelque chose de particulier. Une vibration douce, presque palpable : celle d’une jeunesse congolaise curieuse, déterminée, prête à questionner et à rêver autrement. Au centre de cette effervescence, Maxime HOUINATO, Directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, en visite stratégique en RDC depuis le 15 novembre.

Face aux jeunes, HOUINATO ne s’est pas présenté comme un haut responsable venu donner un discours formel, il est arrivé comme un mentor, un guide, un homme qui connaît les défis de l’égalité de genre et qui croit profondément au rôle de la jeunesse dans cette mission. Il leur a parlé de son travail : assurer un équilibre réel entre filles et garçons, ouvrir des voies, créer des chances, corriger les inégalités invisibles.

Puis, il a fait ce que peu de dirigeants prennent le temps de faire : écouter, écouter vraiment. Un à un, les jeunes ont levé la main et partagé leurs visions d’un Congo plus juste. Les idées étaient fortes, ancrées dans le réel : des ateliers de formation professionnelle sur le genre, un réseau d’ambassadeurs et d’ambassadrices pour lutter contre les violences basées sur le genre, un système d’appel d’urgence pour dénoncer les abus, des campagnes contre la cybercriminalité sexiste, des centres de suivi psychologique pour les filles victimes, la protection des enfants vulnérables, la réinsertion des filles violées en temps de guerre, ainsi qu’une vulgarisation renforcée des résolutions 2250 et 1325.
HOUINATO notait, opinait, souriait parfois. Puis, avec sincérité, il leur a répondu :

« Toutes vos recommandations sont prises en compte. Nous allons les inscrire dans le calendrier des activités 2026 ».
Mais il ne s’est pas arrêté là. Comme un enseignant soucieux de voir la leçon porter des fruits, il a renvoyé aux jeunes une responsabilité essentielle : celle de la solidarité. La solidarité entre garçons et filles. La solidarité au sein même du cercle féminin. Il a rappelé le rôle immense des familles, premières écoles de valeurs, là où s’apprend l’équité dès l’enfance :

« Parfois, nous constatons un manque de soutien entre les femmes. Et cela n’aide pas la représentativité féminine. Développons l’esprit de solidarité féminine. Aidons les hommes à s’engager aussi dans l’autonomisation ».

Ses mots ont résonné longtemps après la fin de la rencontre, comme une invitation à reconstruire les liens, à repenser les comportements, à devenir acteurs d’un changement possible. La séance s’est achevée dans une ambiance simple, chaleureuse, presque familiale.
Aggée CHUGA
