Marie-Rose KASAVUBU, fille aînée du premier président de la République démocratique du Congo, Joseph KASAVUBU, s’est éteinte à Kinshasa à l’âge de 80 ans. Avec elle disparaît une femme de caractère, de mémoire et d’engagement, qui aura consacré une grande partie de sa vie au service de l’État et à la préservation de l’héritage historique kasavubiste.

Une fille de l’histoire, une femme de son temps
Née le 27 mars 1945 à Léopoldville, actuelle Kinshasa, Marie-Rose KASAVUBU grandit dans un environnement exceptionnel, marqué par les bouleversements politiques qui mèneront le Congo à l’indépendance.
Très tôt confrontée aux réalités du pouvoir et aux exigences de la responsabilité publique, elle bénéficie d’une formation solide, à la fois en Afrique centrale et en Europe.

Elle obtient notamment un diplôme de secrétariat de direction en Suisse, avant de poursuivre une formation en littérature française en lien avec l’Université de Nancy. Mais au-delà de ce parcours académique, Marie-Rose KASAVUBU fait très tôt le choix de ne pas se réfugier derrière un nom illustre. Elle s’inscrit dans une démarche personnelle, convaincue que l’héritage se mérite et se construit par l’action.
Une femme engagée dans la gestion publique
Dans les années 1970, elle intègre l’administration publique congolaise. Marie-Rose KASAVUBU est successivement nommée commissaire de zone, fonction équivalente à celle de bourgmestre, dans plusieurs communes stratégiques de Kinshasa, notamment La Gombe, Limete et Masina. Dans un contexte politique dominé par les hommes, elle s’impose par son sérieux, sa rigueur et son sens du devoir.

Son engagement se poursuit au niveau national. Élue députée nationale, elle occupe d’importantes responsabilités au sein de l’Assemblée nationale, notamment en tant que deuxième secrétaire du bureau et présidente de commissions traitant des questions sociales et environnementales.
À cette époque, elle siège également au Comité central du Mouvement populaire de la Révolution (MPR), devenant l’une des rares femmes à évoluer durablement au sein des cercles décisionnels du pays.
Porteuse de mémoire et héritière politique
Après les grandes mutations politiques que connaît la République démocratique du Congo, Marie-Rose KASAVUBU reste présente dans la vie publique. Elle participe aux institutions de la transition et continue de défendre une vision politique inspirée des idéaux de son père : la dignité nationale, le consensus, le respect des communautés et une gouvernance équilibrée.

En 2005, elle fonde l’Organisation politique des Kasavubistes et alliés (OPEKA), affirmant ainsi sa volonté de faire vivre l’héritage kasavubiste non seulement à travers la mémoire, mais aussi par une action politique structurée et assumée.
Une femme, une mère, une référence
Au-delà de la politique, Marie-Rose KASAVUBU était une mère, une épouse.Mariée à Paul Henry de Buck Kiatazabu, originaire du Mayombe, ensemble, ils ont cinq enfants : Hortense Kiatazabu Muamba, née en 1968;
Christian de Buck Kiatazabu, né en 1970; Carole Kiatazabu Itambo, née en 1971;
Kiengo Kiatazabu, né en 1973 et,
Kiku Kiatazabu, né en 1977.

Marie Rose KASAVUBU est une femme de culture et de convictions, profondément attachée à ses racines du Kongo Central. Pour de nombreuses Congolaises, elle incarnait la possibilité d’un engagement féminin digne, ferme et constant dans un univers longtemps réservé aux hommes.
Son parcours rappelle que certaines femmes traversent l’histoire sans éclat excessif, mais avec une empreinte durable.
Marie-Rose KASAVUBU laisse l’image d’une femme debout, fidèle à ses valeurs, et d’une gardienne de la mémoire nationale dont l’héritage continuera d’inspirer les générations présentes et futures.

MMK
