La leader de l’opposition vénézuélienne et militante pro-démocratie Maria Corina MACHADO a reçu, ce vendredi, le prix Nobel de la paix 2025. Âgée de 58 ans, elle a été saluée par le comité Nobel comme « l’un des exemples les plus extraordinaires de courage civique en Amérique latine ces dernières années », pour son engagement inlassable en faveur des droits démocratiques du peuple vénézuélien.

Depuis plus d’une décennie, MACHADO s’oppose farouchement au président Nicolás MADURO, dont le règne de 12 ans est jugé illégitime par de nombreux pays et organisations internationales.
En 2024, malgré son exclusion des élections présidentielles par les autorités, elle a réussi à rassembler une opposition longtemps divisée et à soutenir un candidat de consensus, Edmundo GONZALES, qui a remporté le suffrage populaire selon les résultats des bureaux de vote bien que la victoire ait été officiellement attribuée à MADURO par un Conseil électoral contrôlé par le régime.
Contrairement à d’autres candidats pressentis, dont l’ancien président américain Donald TRUMP, qui avait activement fait campagne pour obtenir cette distinction, MACHADO a été honorée pour sa résistance pacifique face à un régime autoritaire, ainsi que pour sa capacité à unir un mouvement d’opposition sous pression constante.
« Elle a été une figure clé et fédératrice d’une opposition politique autrefois profondément fragmentée dans un État autoritaire brutal, en pleine crise humanitaire et économique », a souligné Jørgen Watne Frydnes, président du comité Nobel, lors de l’annonce.
Il a ajouté que MACHADO a mené sa campagne dans la clandestinité pendant de longs mois, alors que le régime menaçait de l’arrêter. Malgré cela, elle n’a jamais cessé de se battre pour une transition juste et pacifique vers la démocratie ».
Réagissant à cette annonce dans un message vidéo, María Corina MACHADO s’est dite «profondément surprise » par cette reconnaissance :

« Je ne suis qu’une parmi tant d’autres. Je ne mérite certainement pas cela. C’est une victoire pour toute une société ».
De son côté, Edmundo GONZALES a salué sur les réseaux sociaux « une reconnaissance bien méritée pour le long combat mené par une femme et tout un peuple pour notre liberté et notre démocratie ».
Lors de la conférence de presse suivant l’annonce, Frydnes a averti que la situation au Venezuela reflète des dérives observées dans d’autres régions du monde :
« L’État de droit est piétiné par ceux qui détiennent le pouvoir, les médias libres sont réduits au silence, les opposants sont emprisonnés, et les sociétés sont poussées vers l’autoritarisme et la militarisation ».
Plusieurs personnalités et gouvernements avaient officiellement soutenu la candidature de MACHADO, parmi eux Benjamin NETANYAHU, Premier ministre israélien, qui avait publié une lettre de nomination lors d’une visite à la Maison Blanche. D’autres soutiens sont venus du Pakistan et de l’Azerbaïdjan.
Les candidatures avaient été clôturées en janvier 2025, au début du second mandat de Donald TRUMP.

Interrogé sur une éventuelle pression politique, notamment de la part du président américain et de certains membres de la communauté internationale en faveur de TRUMP, Frydnes a déclaré que le comité Nobel avait l’habitude des « tensions médiatiques et campagnes de lobbying », mais que cela n’influence pas les délibérations.
Le prix Nobel, décerné chaque année dans six catégories, récompense les personnes ou organisations ayant « apporté le plus grand bénéfice à l’humanité ». « María Corina MACHADO remplit pleinement ces critères », a conclu Frydnes.
« Elle incarne l’espoir d’un avenir démocratique ».
Grâce NGOMA
