Lors du Global Gateway Forum à Bruxelles, le président de la RD Congo Félix TSHISEKEDI a lancé un appel à la paix en direction du Rwanda. Ce message, à la fois symbolique et stratégique, a suscité des réactions chez plusieurs femmes politiques congolaises.
Pour elles, il s’agit d’un signal fort, qui mérite d’être soutenu, tout en appelant à la vigilance diplomatique.
Un appel au dialogue salué comme un acte fort
Pour Me Catherine FURAHA, juriste et figure reconnue de la société civile, le message présidentiel est clair :

« La logique reste la même : rechercher toutes les voies pacifiques pour que les Congolais retrouvent une paix durable »
Elle y voit un cri de détresse légitime face aux violences à l’Est, et un signal à la communauté internationale que la RDC prône le dialogue, non la guerre.
Même tonalité du côté de Gisèle TSHILENGI, actrice politique engagée :

« Il faut du courage pour tendre la main à un tyran sanguinaire comme Paul Kagame. Ce discours est un geste d’humilité qui montre que la RDC veut vraiment la paix ».
Elle rappelle les décennies de guerre économique et les souffrances des populations civiles, trop souvent oubliées dans les jeux diplomatiques.
Une diplomatie ferme, mais mesurée
Pour Ruth MBUYI NTANGA, responsable nationale jeunesse au sein de la Dynafec, ce discours combine plusieurs niveaux de lecture;
Fermeté mesurée : Tshisekedi désigne clairement le Rwanda et le groupe rebelle M23, tout en affirmant ne pas adopter de posture belliqueuse,
Stratégie de pression publique : prononcer ce message devant l’UE est une manière de placer les responsabilités sur la scène internationale,
Recherche d’équité : le président dénonce les déséquilibres dans les relations bilatérales et appelle à plus d’écoute et de justice.

« Ce n’est pas un discours de menace, mais une diplomatie de pression. Il veut construire, mais sans se taire ».
Un message pour l’Europe et pour l’Afrique
Me Catherine FUHARA voit dans cette sortie publique un message fort adressé à l’Union européenne, mais aussi un appel à reconstruire la confiance avec les voisins :
« Le Congo est une terre d’opportunités. Mais sans paix durable, pas de développement. Il faut reconstruire les ponts avec nos voisins et nos partenaires ».
Pour Gisèle TSHILENGI, ce discours du président TSHISEKEDI replace la responsabilité là où elle doit être :
« Le problème n’est pas seulement interne à la RDC. C’est le Rwanda, à travers son soutien au M23, qui empêche la paix. Tshisekedi le dit à haute voix ».
Des femmes engagées pour une paix durable
Au-delà des discours officiels, ces femmes politiques appellent à une véritable diplomatie d’inclusion, qui ne soit pas guidée par la peur ni par la haine :
« Il n’existe pas que des solutions agressives. La violence ne fait qu’engendrer la violence. Il faut investir dans la paix, celle qui construit des ponts, pas des murs », dit Me Catherine FURAHA.
Et dans un élan résolument panafricain, Gisèle TSHILENGI ajoute :
« Pourquoi l’Afrique ne bâtirait pas ses propres blocs de coopération, comme l’Europe l’a fait? Félix Tshisekedi a ses rêves. C’est à nous tous de l’accompagner ».
Une parole féminine sur la diplomatie
Ce débat autour du discours présidentiel montre que les femmes congolaises ont leur mot à dire sur la sécurité, la diplomatie et le leadership. Leurs analyses éclairent autrement l’actualité politique, en y apportant sensibilité, lucidité et courage.
Les observateurs avertis croient à ces voix-là, celles qui regardent la paix en face, sans naïveté, mais avec espoir.
MMK
