Au fil des années, le port du pagne dans la vie quotidienne des Congolaises a considérablement évolué. Si certaines femmes continuent d’adhérer à cette tradition avec fierté, d’autres y prêtent moins attention, en raison de la concurrence avec d’autres styles vestimentaires dans un monde en constante évolution.
Lors de la Journée Internationale des Droits des Femmes, célébrée le 8 mars de chaque année, et même pendant tout le mois de mars dédié à l’affirmation des droits des femmes et à l’organisation de plusieurs activités féminines, il se constate souvent à Kinshasa, dans les rues et à travers les médias une grande envie de porter le pagne chez la gent féminine.
À ce sujet, le média POURELLE.INFO a interrogé plusieurs jeunes femmes congolaises pour savoir si le port du pagne a encore en 2025 de la côte dans la vie des femmes à Kinshasa et dans d’autres villes de la République Démocratique du Congo.
Davina BOLUMBE, étudiante en réalisation à l’institut National des Arts à Kinshasa, estime que le port du pagne n’est plus aussi populaire dans la ville de Kinshasa qu’auparavant.

Selon elle, la culture du pagne a été largement vulgarisée, mais ne suscite plus le même engouement qu’auparavant. Elle ajoute que la journée du 8 mars a également perdu une partie de sa valeur originelle et n’est plus célébrée avec autant de ferveur qu’auparavant.
« On remarque des filles qui portent des mini-pagnes, des modèles un peu trop sexy, alors qu’avant, le pagne servait à honorer la femme par son élégance », a-t-elle déclaré.
Elle estime aussi que les femmes sont distantes du port du pagne en raison de l’évolution de la mode. Les jeunes filles préfèrent opter pour des jeans et d’autres vêtements modernes.
Davina BOLUMBE a également souligné un autre facteur lié à la circulation dans la ville : «Les jeunes femmes ne veulent pas porter le “double pagne” comme avant, car cela réduit leurs mouvements. Il est impossible de se déplacer en moto habillée en deux pagnes, et avec les fréquents embouteillages à Kinshasa, le pagne n’est tout simplement pas un accoutrement pratique pour circuler aisément », a-t-elle raconté.
Un autre son de cloche, c’est celui de Bénédicte MBUMBA, journaliste à MAGAZINE INFOS SCIENTIFIQUES/Kinshasa. Pour elle, le port du pagne est toujours si populaire en date du 8 mars à Kinshasa car à la veille de cette période on assiste à une grande chasse aux pagnes.

« Les jeunes femmes trouvent que le pagne est un vêtement comme tout autre sauf qu’il y a l’aspect culturel qui n’est pas aussi à négliger, puisque pour beaucoup aujourd’hui, la femme africaine ou particulièrement congolaise égale être vêtue en pagne. A la différence des générations précédentes, présentement les dames sont en pagnes qu’à l’occasion de certaines dates ou événements », a-t-elle souligné.
Bénédicte MBUMBA affirme que le port du pagne prime dans le code vestimentaire des femmes à Kinshasa. Cependant, ce pagne subit les effets de la modernisation d’où des coutures diverses avec ce tissu.
« Le port du pagne aujourd’hui ne se limite pas qu’aux deux pagnes et haut communément appelé libaya. Mais avec la mode, le stylisme on arrive à raffiner ce tissus pour lui donner une touche d’élégance à travers plusieurs coutures telles que des robes, jupes, vestes, pantalons et autres », a-t-elle ajouté.
Des Jeunes femmes vivant dans quelques provinces de la République Démocratique du Congo ont également partagé leurs avis sur ce sujet.
Bénédicte DIVIOKA, Licenciée en droit privé et judiciaire, juriste résidant dans la ville de Boma, en province du Kongo-Central a fait savoir que dans sa ville le port du pagne n’est plus aussi populaire qu’auparavant. Il est aujourd’hui plus considéré comme un habillement des mères de famille :

« Les jeunes, aujourd’hui, perçoivent le pagne comme appartenant au passé, archaïque, démodé pas du tout à la mode. Le pagne n’occupe pas une si grande place chez les jeunes filles suite à une occidentalisation si nous pouvons le dire, vestimentaire. Tandis que chez les mamans, le pagne occupe une très grande place surtout parce que ces dernières ont quand même su préserver leur culture et le pagne incarne pour elles le respect ou encore l’honneur », a-t-elle dit.
Bénédicte DIVIOKA a chuté par ce constat : « Le pagne, comme dit ci-haut était un élément de respect, mais avec les nouvelles tendances il fait l’objet de dénudation. Avec les nouveaux modèles, il perd cette notion de respect ».
De son côté, Consolette MUNKWAKIMA, enseignante au complexe scolaire NSEMO dans la ville de Kikwit dans la province du KWILU, a également partagé son avis sur le port du pagne qui devient moins populaire dans sa province.

« Les femmes et les filles préfèrent des robes, jupes, pantalons à la place du pagne. Elles trouvent les pagnes moins importants par rapport aux autres tenues. Ce qui fait que les pagnes occupent pour le moment la dernière place dans ma province », a-t-elle dit.
Consolette MUNKWAKIMA a clôturé ses propos en exprimant sa désapprobation sur la manière indécente dont certaines femmes d’aujourd’hui portent le pagne.
Divine LUKOMBO
