« L’état de lieu du métier de photographe avec l’avènement des téléphones de haute qualité en République démocratique du Congo », un sujet qui a été décortiqué avec beaucoup de précisions par Rebecca MONGA MWAMBA, photographe.
Pour cette professionnelle en communication visuelle, le métier de photographe en RDC fait face à des grands bouleversements suite à l’arrivée des téléphones de haute qualité.

« Aujourd’hui, le métier de photographe en RDC fait face à des grands bouleversements. L’arrivée des téléphones de haute qualité comme l’iPhone 14 et 15,Samsung Galaxy S23 ou Google Pixel a donné à tout le monde un appareil photo dans la poche. Cela a entraîné une forme de banalisation du travail de photographe », a-t-elle déclaré.

Et de renchérir : « Certaines personnes pensent qu’il suffit de posséder un bon téléphone pour produire des images de qualité professionnelle. Cela a impacté la demande pour les photographes professionnels, notamment dans les événements simples comme les anniversaires, ou les photos de profil, car beaucoup se disent :Pourquoi payer un photographe alors que j’ai un bon téléphone ? ».
En tant qu’une véritable professionnelle, Rebecca MONGA a choisi de rester prudente face à cette guerre entre l’appareil photo et les téléphones mobiles.

« Pour ma part, j’ai choisi de ne pas me positionner dans une guerre entre appareil photo et téléphone. J’utilise principalement un iPhone pour mes séances photo. Et je me concentre surtout sur la composition, la lumière, la direction artistique, et la post-production. Ce sont des éléments que peu de gens maîtrisent, même avec un téléphone très performant. Je me forme constamment, je travaille ma signature visuelle et je montre aux clients que la photographie est un art, pas une affaire d’appareil. Je mise sur la qualité, la narration, l’émotion et l’expérience client », a-t-elle précisé.
Quid de l’importance de continuer d’exercer ce métier de photographe ?
Pour cette jeune photographe, il y a bel et bien une différence entre prendre une photo et faire une photo, c’est ce qui constitue même sa source de motivation.
« Parce qu’il y a une grande différence entre prendre une photo et faire une photo, le téléphone peut capturer un moment, mais seul un œil professionnel peut transformer ce moment en image qui raconte une histoire, qui touche et qui dure. Le métier de photographe repose sur une maîtrise technique (même avec un téléphone), une sensibilité artistique et une capacité à révéler ce que les autres ne voient pas », a-t-elle dévoilé avec joie.
Par ailleurs, cette ancienne de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa a terminé son intervention en lançant un message fort aux jeunes filles et garçons qui ignorent le travail de photographe simplement parce qu’ils ont des téléphones de haute qualité.

« Ce n’est pas l’appareil qui fait le photographe, mais l’œil, le cœur et l’intention derrière chaque image. Vous pouvez avoir le dernier iPhone, mais sans compréhension de la lumière, de la composition, du timing ou de l’émotion, vous ne faites que des photos « propres » pas des œuvres marquantes. Et puis, engager un photographe, ce n’est pas seulement pour la qualité de l’image, c’est aussi pour le regard unique qu’il porte sur vous, son expérience, son accompagnement et la magie qu’il crée à partir d’un moment ordinaire », a-t-elle conclu avec certitude.
Et pour vous, le travail des photographes a encore de la place en cette période d’existence de téléphones de haute qualité ? Laissez-nous vos message dans les commentaires !
Ézéchiel NGAMANIA
