À Kinshasa, la colère gronde. Depuis le lancement simultané du contrôle des nouveaux permis de conduire, assurances, autorisations de transport, contrôle technique et vignettes, plusieurs chauffeurs ont décidé de lever le pied. Résultat : une ville au ralenti et des milliers de Kinois contraints de se déplacer à pied.

Dans le district de la Tshangu, ce sont surtout des femmes qui paient le plus lourd tribut. Très tôt le matin, elles sont nombreuses à parcourir de longues distances pour rejoindre leur lieu de travail, les marchés ou leurs petits commerces, faute de moyens de transport.
Rencontrées sur la route menant vers le pont Matete, ces femmes expriment leur indignation face à une décision qu’elles jugent non stratégique du gouverneur de la ville, Daniel BUMBA.
Pour elles, cette opération aurait dû être menée progressivement, afin de permettre à la population de s’adapter sans perturber la survie quotidienne de milliers de familles.

« Nous vivons au taux du jour. Si je ne vais pas au Grand marché , ma famille ne mangera pas. Eux, leurs femmes ont des provisions dans leurs cuisines. Nous, on n’est pas pareils. Arrêtez de malmener la population », dénonce Mama Bileya, vendeuse ambulante de la « courge » dit « Mbika » au Grand marché.
Comme elle, de nombreuses femmes rappellent que chaque journée sans activité est une journée sans revenu, dans une ville où la majorité vit de l’informel.

Elles appellent les autorités provinciales à revoir la méthode, à dialoguer avec les acteurs concernés et à prendre en compte la réalité sociale des Kinois, en particulier celle des femmes, premières victimes des décisions prises sans accompagnement.
MMK
