Le mouvement féministe Biso Basi Telema, dirigé par Elsie Lotendo, a organisé le vendredi 27 mars 2026, à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, une conférence-exposition intitulée « Le féminisme et le numérique ». Cet événement marquait la clôture d’une série de formations menées en ligne et en présentiel en faveur des femmes et des jeunes filles.

Soutenue par le ministère fédéral allemand et House of Féminisme Africains, l’initiative a mobilisé plusieurs partenaires techniques, dont ONU Femmes, la MONUSCO et l’UNFPA. Elle s’inscrit dans une dynamique de lutte contre les violences faites aux femmes, en particulier celles qui se développent dans l’espace numérique.

À l’heure où le numérique occupe une place centrale dans la vie quotidienne, les femmes demeurent les plus exposées aux violences en ligne. C’est dans ce contexte que cette activité a été pensée, avec pour objectif principal de sensibiliser le public aux dangers du harcèlement numérique. La journée s’est déroulée en deux temps : un panel en matinée et une exposition dans l’après-midi.

Les différentes panélistes, issues d’organisations féministes, ont expliqué comment elles intègrent les notions de féminisme et de droits numériques dans leurs activités professionnelles. Pour elles, le numérique doit être un espace d’opportunités et non de violences : un outil capable de renforcer l’égalité des genres et de promouvoir les droits des femmes.
Prenant la parole, la porte-parole de Biso Basi Telema, Princilia MASENGU KAYOKA, est revenue sur le parcours de ces formations :

« Nous avons tenu une série de formations qui ont débuté en ligne, avec plusieurs vagues ayant bénéficié à des femmes et jeunes filles issues de différentes provinces. Nous avons ensuite clôturé à Kinshasa avec une formation en présentiel. Dans cette optique, nous avons poursuivi avec une campagne digitale sur le cyberharcèlement. L’activité d’aujourd’hui marque la continuité de nos actions. Ces formations visaient à outiller les femmes et les filles sur les notions de sécurité numérique» .
Un travail de fond qui met en lumière l’importance de l’éducation numérique comme moyen de prévention.
Les chiffres liés au cyber harcèlement sont alarmants : environ 58,2 % des jeunes dans le monde déclarent avoir été victimes de cyberharcèlement au cours de leur vie. Plus inquiétant encore, un jeune sur trois affirme avoir subi des cyberviolences au cours des 30 derniers jours.
Avec l’essor de l’intelligence artificielle générative, la situation semble s’aggraver : 66 % des enfants estiment que le cyberharcèlement a augmenté avec ces nouveaux outils. Ces données rappellent que les violences numériques ne sont pas virtuelles dans leurs conséquences : elles impactent profondément la vie des victimes et exigent des réponses urgentes, tant sur le plan éducatif, technologique que juridique.
Ouverte ce vendredi 27 mars , la conférence-exposition se poursuivra jusqu’au 28 mars. Elle se veut un espace de dialogue, mais aussi un appel à l’action pour construire un environnement numérique plus sûr, inclusif et respectueux des droits des femmes.
Germaine BAKAMBANA
