Kasaï Central : Merveilles NSANGI dénonce la montée inquiétante de la violence numérique faite aux femmes

Au Kasaï Central, une forme de violence invisible gagne du terrain : celle qui circule sur les téléphones, s’amplifie sur les réseaux sociaux et frappe principalement les femmes. Diffusion d’images intimes, humiliations publiques, piratage de comptes… La violence numérique n’est plus un simple phénomène marginal : elle devient un instrument de contrôle, de pression et d’exclusion.

Face à cette réalité, Merveilles NSANGI LOOLA, coordonnatrice nationale de l’ONG Amour Plus, tire la sonnette d’alarme.
Dans les rues tranquilles de la province, ces violences ne laissent pas toujours de traces visibles. Elles s’invitent dans les groupes WhatsApp, explosent sur Facebook ou TikTok, et restent sournoises, humiliantes… mais bien réelles.

« Ici, au Kasaï Central, la diffusion d’images intimes des femmes est presque banalisée. On ne s’en indigne plus. On en rit, on partage, on accuse les victimes », dénonce Merveille NSANGI LOOLA, activiste des droits des femmes.

Les cibles sont nombreuses : des jeunes étudiantes, des femmes leaders, celles qui osent s’exprimer, s’engager, rêver grand. Pour les faire taire, on pirate leurs comptes, on publie leurs vidéos, on les humilie. Dans cette spirale, une vérité dérangeante s’impose : la violence numérique est devenue une arme politique et sociale contre les femmes.

Pourtant, rappelle Merveilles LOOLA, la RDC s’est dotée d’un Code du numérique, encore trop méconnu. L’article 350 interdit le traitement et la diffusion de données personnelles sans consentement, y compris les photos et vidéos privées. Une infraction passible de 6 mois à 2 ans de prison.
« Mais combien de femmes le savent ? Combien osent porter plainte ? Très peu. Il faut changer cela », insiste-t-elle.

À l’occasion de ces 16 jours d’activisme, lancés ce mardi 25 Novembre, le message Merveilles LOOLA est clair : « Nous devons vulgariser le Code du numérique, sensibiliser, informer, former, pour que chaque femme sache qu’elle a des droits, même sur Internet. Le numérique doit être un espace d’épanouissement, pas un espace de destruction », dit-elle.

C’est un appel à l’action pour les institutions, les familles et les communautés, afin que les réseaux sociaux cessent d’être des lieux d’agression et deviennent des outils d’égalité, de liberté et de respect.

Aggée CHUGA

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