Journée du 8 Mars 2023 en RDC : Lorraine LUKOKI appelle les autorités congolaises et à la 1ère Dame Denise Nyakeru à valoriser les femmes des NTIC

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Ce mercredi 8 Mars 2023, la planète célèbre la journée internationale des Droits des femmes. Le thème national dévoilé par le ministère du Genre, Famille et Enfants en RDC est ‹‹ Éducation Numérique Égalitaire pour la Paix et l’autonomisation des femmes et filles en RDC ››. Et au niveau international le thème retenu est ‹‹ Pour un monde digital Inclusif : Innovation et Technologies pour l’égalité des sexes ››. Ces thèmes ont suscité de l’intérêt auprès de Lorraine Lukoki Kindomba, femme à plusieurs casquettes. Elle est Ingénieure en TIC, Technologie de l’information et de la communication, Licenciée en Administration Réseau et Technique de maintenance, Graduée en Analyse et Programmation et Certifiée en Entrepreneuriat.

Passionnée de la technologie nouvelle, entrepreneuriat et politique, Lorraine Lukoki Kindomba nous a accordé une interview pour débattre autour de ce thème. Elle a fait savoir que le thème choisi en cette année 2023 donne la possibilité de montrer aux femmes la nécessité de la technologie inclusive et transformatrice :

‹‹ La célébration de la JIF 2023 est l’occasion pour nous les femmes évoluant dans le secteur de Ntic de mettre en évidence la nécessité de protéger les droits des femmes et des filles dans les espaces numériques ; Des panels, des formations sur les TIC, sont autant d’activités tout au long de ce mois de mars ›› a-t-elle renseigné.

À la question de savoir si en RDC les femmes sont valorisées dans ce domaine, Lorraine Lukoki Kindomba informe que les femmes faisant un tel usage des TICS, ne constituent malheureusement qu’une minorité de la population féminine instruite en numérique en RDC :

‹‹ La situation des femmes ne leur permet pas pleinement de bénéficier des avantages des NTICS, et ce pour les raisons suivantes : En premier lieu, les femmes sont d’avantages touchées par l’analphabétisme que les hommes, or l’instruction est le facteur le plus déterminant, si l’on veut améliorer l’accès des femmes aux NTICS ; Les femmes sont également des utilisatrices confirmées des TIC, dans la plupart des branches d’activités où elles sont actives. Néanmoins, elles restent particulièrement minoritaires dans les métiers des TIC proprement dits ; La proportion de postes occupés par des femmes dans ces métiers est faible, de même que la proportion de femmes dans les filières scolaires conduisant à ceux-ci ; Elles sont donc largement absentes des lieux où se conçoivent et se maîtrisent les enjeux des TIC (conception, gouvernance…) ›› a argumenté Lorraine Lukoki Kindomba.

Que faut-il faire alors pour valoriser les femmes dans le domaine du numérique, a-t-on demandé à cette ingénieure congolaise.

Pour elle plusieurs pistes de solutions sont préconisées : les femmes doivent briser les barrières ; il faut que le nombre d’inscription des filles en baccalauréats en TIC atteigne même 60 % :

‹‹ Nous devons les faire rêver et travailler pour réussir leurs rêves ; Au sujet des opportunités qu’offrent le numérique, les  jeunes filles ( femmes) d’aujourd’hui ont la possibilité d’acquérir certaines compétences à travers des formations en ligne. Nous devons inciter les femmes et les jeunes filles à devenir conceptrices, créatrices et  dirigeantes dans ce domaine qui évolue rapidement , afin de construire un avenir numérique équitable ; Donner les moyens à une nouvelle génération des femmes qui s’appuieront sur la sphère numérique en tant qu’innovatrices , entrepreneures et chercheuses de connaissances, combler leurs lacunes au chapitre des compétences et de la pratique  en numérique, la nécessité d’encourager le mentorat entre les femmes dans le secteur des TIC, la nécessité de lier la créativité et la technologie et plus particulièrement en ce qui concerne les solutions possibles que les applications mobiles peuvent apporter aux femmes surtout si elles sont développées par les femmes dans le pays pour relever les défis locaux ››, a-t-elle notamment dit.

Nous avons également demandé à Lorraine Lukoki Kindomba ce que représente pour elle la date du 8 Mars. Elle a fait savoir que pour elle c’est un appel à l’action pour l’accélération du mouvement de parité, l’unité des femmes pour un but commun :

‹‹ Le 8 Mars représente une célébration des réalisations sociales, culturelles, économiques et politiques des femmes, une journée d’action, de sensibilisation dédiée à lutte pour les droits, l’égalité et la justice. C’est une journée ou l’on doit faire le point sur ce qui a été fait et ce qui reste à faire, un​ mois où nous reconnaissons les exploits des femmes sans prêter attention aux différences ›› a-t-elle dit.

Et pour terminer Lorraine Lukoki Kindomba souligne que la majorité des femmes ingénieures en NTICS sont invisibles et donc la RDC a besoin d’un saut technologique, appelant à modifier en profondeur les modes de pensés et structures sociales à laquelle la RDC ne peut échapper. Le pays doit combler le déficit du développement, entre autres, via un accès plus facile à l’information. Lorraine Lukoki recommande aux autorités la création d’une structure des femmes ingénieures en technologie du numérique et la mise en place d’une Agence nationale des questions féminines (un réseau des femmes ingénieures en Technologie de l’information et de la Communication) qui, selon elle, représentera un nouveau point de départ pour l’acquisition des compétences des femmes dans ce domaine. Elle demande également à ce que le Ministère du Genre, famille et enfants puisse avoir un œil regardant sur le nouveau projet qui sera bientôt mis en œuvre par son équipe.

‹‹ Nous demandons respectueusement aux patrons des ministères suivants : Ministère du genre famille et enfants, Ministère de Poste de la Nouvelle Technologie de l’information et de la Communication ; Ministère du Numérique de bien vouloir parrainer ou soit accompagner ce projet. Qu’il plaise à la distinguée Première Dame de pouvoir   accompagner, hormis les diplômés d’état aussi penser aux femmes qui sont déjà dans ce métier, qui faute des moyens n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs techniques (accès aux bourses pour des spécialisations à l’étranger au profit du pays) ; Nous devons nous organiser pour défendre un objectif commun ; Notre objectif consiste à former des filles et les femmes et à combler la fracture numérique qui pénalise particulièrement celles qui se trouvent dans un milieu défavorisé. L’objectif annoncé est de former 20.000 femmes d’ici à 2025 ››, a-t-elle conclu.

Dave Ngonde

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