Une vidéo virale circulant sur les réseaux sociaux a récemment suscité une vive émotion. On y voit un jeune garçon, torse nu, mangeant un gros morceau de viande dans un environnement rural. De nombreuses publications prétendent que la scène a été filmée en République démocratique du Congo (RDC), et qu’il s’agirait d’un acte de cannibalisme pratiqué par un orphelin étant témoins du massacre de sa mère et ses frères par les rebelles M23.

Après vérification, ces affirmations sont fausses.
Des enquêtes menées par plusieurs plateformes de vérification des faits, dont FactCheckHub et AfricaCheck, ont permis de rétablir la vérité:

« La scène ne se déroule pas en RDC, mais en Tanzanie, dans la région d’Arusha, précisément dans le district de Karatu. Le garçon visible dans la vidéo appartient au peuple Hadzabe, une communauté autochtone de chasseurs-cueilleurs vivant dans cette région.
Selon les sources, la viande que l’enfant consomme est du babouin rôti, un aliment traditionnel dans la culture Hadzabe. La vidéo a d’abord été diffusée sur TikTok entre mars-avril 2025 par le compte @Hadzabe_Lifestyle, qui documente le quotidien de cette population. L’une des vidéos originales, partagée il y a environ trois mois, portait la légende : « Baboon’s Delicious BBQ ! A Hadzabe boy enjoying a tasty baboon barbecue deep in the forest ! », peut-on lire.
Des extraits identiques ont également été publiés sur YouTube, notamment sur la chaîne The Minutes Tours, renforçant l’authenticité du contexte.
Aucune preuve ne permet d’affirmer qu’il s’agisse de chair humaine, encore moins que la scène ait été filmée sur le territoire congolais.
Les spécialistes de la vérification visuelle notent aussi que les caractéristiques du décor (terre rouge, végétation sèche, style de cuisson), ainsi que les traits du garçon et l’environnement sonore, correspondent aux paysages de la Tanzanie, et non à ceux de la RDC.
En résumé, cette vidéo montre un acte culturel traditionnel et non criminel. La confusion entretenue autour de sa provenance et de son contenu relève d’une désinformation virale, courante sur les réseaux sociaux.
Ceci souligne l’importance de toujours vérifier les sources avant de relayer des contenus sensibles.
Aggée CHUGA
