Comment gérer un voisin menaçant mais indispensable, sans aller au choc frontal ni courber l’échine ? La présidente mexicaine de gauche, Claudia SHEINBAUM, a provisoirement trouvé la méthode avec son homologue américain, le Républicain Donald TRUMP, son exact contraire. Scientifique de classe moyenne et au caractère réservé, la première présidente de l’histoire du Mexique est parvenue à gagner le respect du magnat de l’immobilier, qui la qualifie de femme merveilleuse tout en accusant son gouvernement de collusion avec le narcotrafic.
Au-delà de la relation personnelle, la dirigeante de gauche de 62 ans doit protéger les intérêts vitaux du commerce extérieur de son pays face aux menaces tarifaires de Washington avec 80% des exportations mexicaines qui vont aux États-Unis d’Amérique, tout en refusant l’ingérence du pays de l’oncle Sam dans la lutte contre le narco-trafic.
Voici trois clés de sa stratégie pour gérer TRUMP, qui a jusqu’à présent permis de conclure un accord jusqu’au 2 avril pour éviter des taxes de 25% sur les exportations mexicaines.
Avec une popularité record dans son pays, physicienne de renom comme Angela MERKEL(première femme chancelière en Allemagne), SHEINBAUM n’a pas besoin de forcer sa nature rationnelle et méthodique pour rester poser et pragmatique face à TRUMP.
La présidente a rejeté catégoriquement les accusations selon lesquelles son gouvernement protégerait des bandes de narcotrafiquants.

Elle renvoie Washington à sa propre responsabilité dans le trafic d’armes des Etats-Unis vers le Mexique, qui alimentent la violence.
TRUMP lui-même a reconnu la fermeté de SHEINBAUM, selon le New York Times : ‹‹ Tu es dure ››, lui aurait-il dit lors d’un appel téléphonique, selon le quotidien.
‹‹ Elle a été ferme , forte ››, juge Roberta LAJOUS, ambassadrice mexicaine en Autriche, Cuba et Espagne entre 1995 et 2020.
Le Chancelier Allemand sortant, Olaf SCHOLZ a loué son calme et son intelligence pour négocier avec TRUMP.

Mais le chemin est encore long et la méthode SHEINBAUM pourrait de nouveau être mise à l’épreuve le 2 avril, à l’échéance de la trêve sur les tarifs douaniers.
‹‹ Le Mexique a esquivé une balle, mais TRUMP a encore un pistolet chargé ››, avertit Pamela STARR, une analyste américaine.
Grâce NGOMA
