Le transport en commun à Kinshasa est un véritable casse-tête pour la population, particulièrement les femmes. Elles sont parfois bousculées sur les arrêts de bus, obligées de parcourir des longues distances pour enfin se trouver un moyen de transport soit pour se rendre au lieu de service ou encore regagner leur domicile.
À l’occasion du mois de mars durant lequel l’on célèbre les droits des femmes, le média POURELLE.INFO met en lumière les difficultés que rencontrent les femmes dans les transports en commun à Kinshasa, mettant en avant des témoignages touchant des femmes confrontées quotidiennement à des défis liés à leur déplacement.
Cependant, le transport en commun à Kinshasa reste un terrain de lutte pour les femmes, qui, au-delà des questions de confort, sont souvent confrontées à des violences physiques et verbales.
Monica KIMBASA, une jeune femme kinoise, déplore le manque de respect envers les femmes dans les transports à Kinshasa ou dans les arrêts de bus :

« La réalité dans le transport est que nous sommes coincées et bousculées par des hommes, car ils ne reconnaissent pas notre valeur. Et pourtant nous devrions être privilégiées, nous les femmes, parce que c’est nous qui mettons au monde et sommes porteuses de vie. Nous sommes des mamans. Nous, en tant que femmes, nous devons vraiment réclamer nos droits dans ce pays », a-t-elle dit.
Ces paroles expliquent une réalité partagée par de nombreuses femmes qui se sentent souvent ignorées et maltraitées dans les transports en commun.

Françoise KIRONGOZI, commerçante, raconte une expérience quotidienne difficile : « Ma plus grande difficulté, c’est quand je pars faire l’approvisionnement pour mon petit commerce. Souvent, ces chauffeurs font des demi-terrains, ce qui fait que je prends deux à trois bus pour un même trajet, avec le poids de ma marchandise. Et pour accéder à ces bus, il y a encore des bousculades. Avec la marchandise, tu ne peux pas te bousculer, et tu te retrouves à rester à l’arrêt faute de place, car le bus est déjà plein », a-t-elle raconté.

Une autre femme, Esther FRANKA, soulève un autre aspect du problème : « Ce qui me dérange dans les transports en commun, c’est la mauvaise manière de parler des receveurs envers les femmes. Ils sont impolis et ne montrent pas de respect à notre égard ».
Cette question de respect, ou de manque de respect, est récurrente parmi les témoignages de femmes qui déplorent les attitudes des conducteurs et receveurs des taxis-bus.
Enfin, Alida YANKOLE, une femme consciente des défis auxquels font face ses nombreuses semblables, a elle choisi une alternative pour éviter ces désagréments :

« Moi, tellement je connais les réalités désagréables auxquelles les femmes font face dans les transports en commun à Kinshasa, je préfère commander mon taxi ou prendre un transport privé où je serai seule pour éviter le manque de respect ».
Pour beaucoup, cette option reste malheureusement un luxe, hors de portée de toutes les femmes, surtout celles qui ont un revenu modeste.
Cette série de témoignages montre clairement que le transport public à Kinshasa est non seulement un défi logistique mais aussi un lieu où de nombreuses femmes subissent des violences physiques et verbales. Le mois de mars est donc un moment idéal pour réfléchir à ces problèmes et sensibiliser sur la nécessité d’offrir à chaque femme un accès égal, sécurisé et respectueux aux transports en commun.
Germaine BAKAMBANA
