Et si les femmes épousaient les hommes ? Cette question peut-être prise comme une blague ou un non sens en République démocratique du Congo et même dans la plupart des pays africains et occidentaux. Mais figurez vous que c’est exactement ce qui se passe en Inde , pays d’Asie du Sud, le temple de l’industrie cinématographique Bhollywood, dont la culture est très répandue et admirée dans le monde à travers le cinéma et ses nombreux films diffusés notamment sur la chaîne cryptée ZEEMAGIC.

Le média POURELLE.INFO a échangé sur ce sujet via whatsapp en ce début juin 2025 avec un citoyen congolais qui vit dans ce pays depuis le 8 mai 2012 et qui est même d’ailleurs en couple avec une citoyenne indienne.
Le nom de notre interlocuteur est Didier KONZOLI NGBOKOLI. Celui-ci vit à New-Delhi, la capitale, et travaille en collaboration avec un grand hôtel de ce pays, le deuxième le plus peuplé du monde. Nous lui avons demandé, au début de notre échange, de confirmer ou de démentir si vrai ou faux ce sont les femmes qui épousent les hommes en inde :
‹‹ Oui, en Inde ce sont les femmes qui épousent les hommes. C’est la famille de la future épouse qui verse la dot ››, a dit Didier KONZOLI.

Celui-ci poursuit ses propos en faisant savoir qu’en Inde le mariage civil n’a quasiment aucune importance, quelle que soit la communauté religieuse.‹‹ L’Inde est 84% Hindoue, 12% musulmane, 3% chrétienne et le 1% Bouddhiste, Jaïniste … La culture Hindoue est dominante. Tout est codifié par les traditions, qui mènent la vie dure aux jeunes couples urbains. Traditionnellement, le mariage est à la base un arrangement conclu entre deux familles, auquel les enfants ont le devoir d’acquiescer. Plus de 95% des mariages en Inde sont arrangés entre les parents ››.
Et d’ajouter :
‹‹ Les mères se consultent lors des cérémonies familiales, elles utilisent aussi des intermédiaires et les annonces matrimoniales publiées dans les journaux, ainsi que, de plus en plus, des sites internet spécialisés où les recherches s’effectuent par CASTES ››.
Donnant des précisions sur la composition sociologique du pays de Gandhi, Didier KONZOLI informe qu’en Inde, il n’y a pas des tribus, mais des CASTES.
‹‹ Une caste est une classe sociale fermée, avec une prétendue supériorité ou infériorité sur l’autre. Le peuple indien est classé en classes ou vastes communautés (appelées Varna), dans lesquelles sont classées les communautés, les individus à leur naissance, en fonction de leur « degré de pureté » (couleur de la peau), lié aux métiers exercés par les familles.
1/ La classe (Varna) des Brahmanes : Représente les 5% de la population. Couleur de la peau : rougeoyante comme le ciel à l’aube. C’est la classe des intellectuels, des scientifiques, la moitié du corps juridique du pays.
2/ La classe (Varna) des Kshatriya : Représente les 5% de la population. Couleur de la peau : Le jaune royal comme le soleil à midi. C’est la classe des guerriers, des militaires, ne se mêlant pas à la politique ; ils forment un véritable État dans l’Etat. L’armée et la police, c’est eux.
3/ La classe (Varna) des Vaishya ou Bania : Représente les 10% de la population. Couleur de la peau : comme le ciel au coucher du soleil. Les Bania sont des professions libérales, ce sont des commerçants, des hommes d’affaires (Business Men), des marchands.
4/ La classe (Varna) des Shudra : Représente les 60% de la population. Couleur de la peau : comme le ciel la nuit. C’est la classe des travailleurs manuels ; les électriciens, les maçons, les architectes…
En dehors de ces 4 classes, point de salut, on est « hors caste », on est DALIT, donc intouchable, confiné dans les tâches les plus dégradantes : éboueurs, vidangeurs, nettoyeurs de carcasses d’animaux. C’est la classe de ces indiens, de la peau noire absolue, représentant 20% de la population ››, a-t-il expliqué.
Didier KONZOLI a parlé également de son cas en faisant savoir que les Africains noirs, sont considérés par les Indiens comme des Dalits, et d’ailleurs, les Dalits eux-mêmes, encore plus racistes, pensent même de fois que les Africains du Sud de Sahara sont plus inférieurs à eux.

‹‹ À l’intérieur de chaque Varna et même dans le hors-classe des intouchables, on trouve tout un fourmillement des communautés bien distingues. Une Varna (vaste communauté) est composée des communautés appelées « Jati», dans chaque Jati sont regroupés des clans (Gotra) et dans un Gotra des Parivars(familles). Les Gotra sont fermés et les Jati sont hermétiquement FERMÉS autour d’une règle : Endogamie : on ne se marie que dans son Gotra (clan) ou sa Jati sous peine d’être banni voire assassiné. Dans certaines Jati, les plus puissantes, il existe même des agences de détectives privées et des conseils de caste en charge de décider sur les « crimes ou meurtres d’honneur », destinés à punir les amoureux rebelles, à taire, à venger un mariage d’amour hors caste. Le crime est perpétré par un réseau d’assassinat sur commande ou un groupe de gangsters de la communauté, avec le père derrière le revolver ››, a-t-il renchéri sur le tableau sociologique de l’Inde.
Parlant de la dot en Inde, donnée par la famille de la femme à la famille de l’homme, Didier KONZOLI informe qu’elle représente 4 à 6 fois le revenu annuel d’une famille, et est fixée par rapport à la profession du père de la future épouse ; soit 60 fois son salaire :

‹‹ Un policier par exemple qui a un salaire de 700 dollars américains, pour marier sa fille, doit payer le montant de 42.000 dollars américains (700×60). Une partie de la dot est versée en liquide, plus de la moitié l’est en nature (voiture, appartement…). La famille du futur époux finance l’organisation de la fête du mariage. Une pratique pourtant interdite, devenue illégale depuis 1961 mais qui se pratique toujours ››, a dit Didier KONZOLI.
Notre interviewé a souligné qu’en Inde, la dignité vaut plus que la survie. Rien n’est plus digne que de faire marier sa fille, verser un don à la famille du futur époux. Et l’endettement des ménages urbains indiens serait lié pour 60% aux mariages.

‹‹ Certains parents, dans des familles pauvres, se suicident même parce qu’ils se savent incapables de réunir des moyens (fonds) pour marier leurs filles. La dot coûte cher en Inde, avoir une fille est une charge, un garçon est une chance. La majorité des filles de moins de 25 ans, célibataires travaillent avec, souvent, comme seul but : se faire une économie pour alléger les charges de leurs mariages ››, a déclaré Didier KONZOLI.
Celui-ci a fait savoir qu’en Inde, depuis, il est observé la surmortalité anormale des jeunes filles, le déficit de filles.
‹‹ La dissymétrie entre le nombre de naissances de garçons et de filles enregistrées fait deviner l’élimination d’un grand nombre de bébés de sexe féminin, à la naissance ou plus couramment au stade de la grossesse. Raison pour laquelle, en 1994, l’Inde a rendu illégal le test du sexe des fœtus ››, a révélé Didier KONZOLI.
Mais au vu de tous ces paramètres et des lourdes dépenses effectuées par les femmes et leurs familles, comment les choses se passent en cas de divorce ?
«‹ En Inde, en cas de divorce, une femme ou sa famille, peut légalement réclamer la restitution de la dot reçue . Cela est possible en vertu de la loi sur l’interdiction de la dot, articles 498A et 406 du Code pénal indien. Cependant, la restitution de la dot n’est pas toujours automatique et dépend des circonstances du divorce et de la nature de la dot reçue ››, a répondu Didier KONZOLI.
Pour la petite histoire, Didier KONZOLI nous a confié qu’il a été predoté par la famille de celle qui est aujourd’hui sa proposante, une Indienne de religion musulmane, mais qui défie toutes les règles de la religion et de caste. Une jeune femme qui l’aime à mourir et qui a décidé de mourir pour lui, s’il le faudrait.

Que pensez-vous chères lectrices et chers lecteurs des réalités du mariage en Inde ? Cela vous plaît ou vous effraie ? Partagez nous vos points de vue en commentaire si vous le voulez bien
Dave NGONDE
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