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Éliane Kikubi: ‹‹Les officiers de police judiciaire jouent un rôle majeur dans la procédure des plaintes dans les cas de viol ››

Le viol en RDC est utilisé consciemment comme arme de guerre et les premières victimes sont les femmes, et cela cause des grands dommages physiques et psychologiques sur elles.
Maître Éliane Kikubi avocate au barreau de Kinshasa/Matete et défenseur des droits de l’Homme spécialisée dans les questions des femmes, renseigne que le code pénal livre II dans son article 170 définit le viol comme le seul fait du rapprochement charnel des sexes commis sur les personnes désignées à l’article 167.

‹‹ La même loi renchérit aussi pour dire que le viol n’est pas seulement un rapprochement , mais aussi le fait de pénétrer même superficiellement l’anus, la bouche ou tout autre orifice du corps d’une femme ou d’un homme par un organe sexuel par toute autre partie du corps ou par un objet quelconque ››, a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, plusieurs victimes de viol ont du mal à voir leurs plaintes aboutir. Serait-ce parce qu’elles ne savent pas à qui s’adresser ou parce que les autorités ne sont pas trop engagées à répondre favorablement à leurs plaintes ?

Maître Éliane nous parle de comment porter plainte et chez qui le faire.
‹‹ Le code de procédure pénale fait partie de cet arsenal juridique qui nous sert aussi de lampe pour régler toutes ces questions. Dans son article 5, le code de procédure pénale stipule que dans toute infraction réputée flagrante ou pas, l’officier de la police judiciaire a une compétence de se présenter sur le lieu, d’examiner puis dresser un procès verbal qu’il va envoyer ou saisir le magistrat étant dans sa circonscription afin que ce dernier puisse poursuivre avec la procédure ››, a-t-elle fait savoir.
S’agissant du cas de viol, l’Opj a aussi cette compétence nous dit maître Éliane Kikubi.

‹‹ Une personne peut être violée à une heure quelconque, et le premier réflexe des victimes est de se rendre dans un sou-ciat pour porter plainte. Dans ce cas, si les faits sont rapportés à l’Officier de Police Judiciaire, il se doit de constater les faits, d’examiner le cas minutieusement en descendant sur le terrain et poser des questions pour que lumière soit faite sur l’affaire. Pour aller encore plus loin, il peut demander l’expertise des médecins pour avoir leurs avis sur le cas. Donc, les OPJ ont une grande responsabilité parce qu’ils ont la responsabilité de toute la vie des victimes de violences sexuelles qui viennent porter plainte auprès d’eux ››, a martelé la juriste.

Maître Éliane Kikubi précise aussi que cette infraction de viol est condamnable ou encore sanctionné par la loi.

‹‹ Le cas de viol est sanctionné par la loi et cela dépend de la gravité de l’acte, surtout lorsqu’il s’agit d’une mineure. Dernièrement nous avons reçu un cas où un enfant a été violé et a contracté le VIH. C’est un cas rare mais qui peut être sanctionné par la loi à une grande peine ››, a-t-elle dit.
Maître Éliane Kikubi appelle ainsi les autorités à former encore un peu plus les officiers de police judiciaire pour qu’ils soient chaque jour compétents afin de régler ces cas qui leurs sont soumis chaque fois.

Rappellons que la campagne Tolérance Zéro contre les Violences Sexuelles Basées sur le Genre a été lancée en RDC au mois de juin dernier pour lutter contre les violences sexuelles dont sont victimes de nombreuses femmes au pays de Félix Tshisekedi. Une grande sensibilisation doit être faite pour que les victimes de ces violences dénoncent mais aussi et surtout que leurs bourreaux soient traduits en justice.

Olivier Mukengeshayi

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