L’actrice et mannequin Halima GADJI est décédée le 26 janvier 2026 en France, à l’âge de 36 ans, suscitant une vive émotion dans le monde culturel africain et auprès de son public. Née le 25 août 1989 à Dakar, elle était de nationalités sénégalaise, marocaine et algérienne, incarnant une identité plurielle qui a profondément marqué son parcours artistique.

Issue d’une mère maroco-algérienne et d’un père sénégalais, Halima GADJI grandit au sein de la communauté marocaine du Sénégal. Elle effectue sa scolarité à Dakar, mais interrompt ses études en classe de cinquième, après plusieurs redoublements, pour se consacrer pleinement à sa vocation : devenir actrice. Un choix audacieux, mû par une détermination précoce.

Un début de carrière marqué par la persévérance
Dès l’âge de 15 ans, elle multiplie les castings, souvent confrontée au rejet, notamment en raison de son bégaiement, un handicap qu’elle parviendra progressivement à surmonter. Elle trouve ses premiers espaces d’expression grâce à des plateformes artistiques comme Wakh Art, avant de se faire remarquer comme mannequin pour des marques et magazines, puis d’enchaîner les apparitions publicitaires à la télévision.

Ses premiers pas dans la fiction se font à travers des productions telles que Tundu Wundu d’Abdoulahad Wone, puis la série Sakho & Mangane, créée par Jean-Luc Herbulot et diffusée sur Netflix.
La consécration avec Maîtresse d’un homme marié
Mais c’est son rôle dans la série Maîtresse d’un homme marié qui la révèle au grand public, au Sénégal comme à l’international. Elle y incarne Marème Dial, personnage central et controversé, maîtresse d’un chef d’entreprise marié. Un rôle qui lui apporte une notoriété fulgurante, mais aussi des critiques parfois virulentes. Souvent assimilée à son personnage, elle devient la cible de jugements sociaux.
Halima GADJI y voit le reflet d’un double standard persistant dans la perception de la sexualité féminine et masculine, et assume pleinement la dimension sociale du débat suscité par son interprétation.

Une carrière récompensée
En 2020, son talent est consacré par le prix de la meilleure interprétation féminine aux Sotigui Awards, une distinction majeure dans le paysage du cinéma africain.
En parallèle, elle était également entrepreneure, fondatrice de la marque Halima Savon. Sur le plan personnel, elle était mère d’une fille née en 2010, à laquelle elle était très attachée.
Un héritage durable
La disparition de Halima GADJI laisse un vide dans l’univers des séries et du cinéma africains. Actrice engagée malgré elle dans des débats sociétaux majeurs, elle restera dans les mémoires comme une figure emblématique d’une génération d’artistes ayant contribué à faire rayonner les productions africaines au-delà du continent.

Pourelle Info s’incline devant la mémoire d’une femme de caractère, dont le parcours, marqué par la résilience et l’audace, continue d’inspirer.
Aggée CHUGA
