Dans une déclaration ferme rendue publique le 17 octobre 2025, le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Droits de la Femme (RJPF) a condamné avec vigueur l’humiliation publique infligée à Honorine PORSHE, une femme présumée impliquée dans un braquage à Kinshasa.
Cette prise de position du RJPF s’inscrit dans le cadre de sa campagne #RespecteMoi, dédiée à la défense de la dignité et des droits des femmes.
Arrêtée le jeudi 16 octobre à la suite d’un braquage manqué d’une agence de la Rawbank, située à la place Victoire, la suspecte a été partiellement dénudée, exposée au public, filmée, puis humiliée sur les réseaux sociaux à travers la diffusion massive d’images choquantes.
Ces actes, pour le RJPF, constituent une double atteinte : d’une part à l’intégrité physique et morale d’une femme, et d’autre part aux principes de l’État de droit.

Entre condamnation du braquage et défense des droits humains
Dans son communiqué, le RJPF ne cautionne pas l’acte criminel qui a conduit à l’interpellation de la jeune femme. Il condamne le braquage avec fermeté, le qualifiant de comportement inacceptable, allant à l’encontre des valeurs de travail, d’intégrité et de responsabilité que le réseau défend.
« Un acte de vol ternit l’image de la femme congolaise et ne peut être justifié sous aucun prétexte », souligne le document.
Cependant, le RJPF insiste sur le fait que la justice ne peut jamais s’exercer au détriment de la dignité humaine. Pour le réseau, déshabiller une femme, l’exposer à la foule, et permettre la diffusion de ces scènes sur internet est une violation grave de ses droits fondamentaux, même si elle est accusée de faits répréhensibles.
« Ce n’est pas la première fois qu’une femme accusée d’un acte répréhensible est livrée à la vindicte populaire, dénudée et humiliée sous les caméras et téléphones portables. Ces pratiques sont profondément contraires aux valeurs humaines et à l’État de droit », rappelle le RJPF.
Des recommandations claires aux autorités
Le RJPF appelle les autorités judiciaires et policières à prendre des mesures urgentes pour éviter que de tels abus ne se répètent. Trois recommandations principales sont formulées :
● Assurer que la justice soit rendue dans le respect strict des droits humains ;
● Sanctionner tous les auteurs de cette humiliation publique, y compris les agents ou citoyens impliqués dans la diffusion des images ;
● Renforcer la sensibilisation autour de la présomption d’innocence et du respect de la dignité humaine, tant au sein des institutions sécuritaires que dans le traitement médiatique et sur les réseaux sociaux.
Un appel à la responsabilité des médias et des citoyens
Le RJPF interpelle aussi les médias et les citoyens, leur rappelant leur responsabilité éthique dans le traitement de ce type de faits divers, en particulier lorsqu’ils concernent des femmes.
« Si la justice doit être rendue, elle ne doit jamais rimer avec humiliation. La RDC doit construire une société où la justice protège, corrige et restaure, et non une société qui déshonore et détruit », déclare Nathalie DEMBASUKA, chargée de communication du réseau.
RespecteMoi : Une campagne contre la banalisation de la violence faite aux femmes
Cette prise de position du RJPF s’inscrit dans le cadre de sa campagne nationale #RespecteMoi, qui vise à lutter contre toutes les formes d’humiliation, de stigmatisation et de violences faites aux femmes, dans tous les contextes qu’il s’agisse de la rue, des institutions ou des médias.
À travers cette campagne, le RJPF entend faire de la dignité des femmes une priorité nationale, indépendamment de leur statut ou de leur situation.
Aggée CHUGA
