Il aura fallu de multiples échanges électroniques ainsi que trois jours de négociations pour parvenir à cet accord. Sous l’œil avisé de la sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires politiques, Allison HOOKER, les experts congolais et rwandais se sont réunis à Washington le mercredi 18 juin 2025 pour ratifier un document préparatoire intitulé « Accord », avec un A majuscule, en vue d’un accord de paix totale.

S’appuyant sur la déclaration de principe signée le 25 avril dernier, ce document consigné comprend cinq dispositions fondamentales à savoir :

- Cesser les hostilités et respecter l’intégrité territoriale : Les deux pays s’engagent à mettre fin à toute action militaire bilatérale et à respecter de manière mutuelle la souveraineté et l’intégrité territoriale de chacun;
- Désengagement et désarmement des groupes armés non étatiques :
L’accord partiel prévoit le retrait des forces non étatiques, notamment le M23, accompagné d’un processus de désarmement. - Mise en place d’un mécanisme de sécurité commun : Un dispositif conjoint est prévu pour coordonner les actions de sécurité dans la région de l’Est, afin de prévenir les futurs affrontements ;
- Facilitation du retour des personnes déplacées :
L’accord comprend des mesures pour permettre le retour sûr et volontaire des déplacés internes et réfugiés vers leurs lieux d’origine. - Condamnation du soutien aux groupes armés et appui à la MONUSCO : Les deux parties reconnaissent l’importance de cesser tout appui aux forces irrégulières et réaffirment leur soutien au rôle de la MONUSCO dans la sécurisation de la région.
Cependant, selon un communiqué conjoint diffusé sur le site du gouvernement américain, le texte devra désormais être signé par les ministres des Affaires étrangères du Rwanda et de la RDC, en présence du secrétaire d’État américain Marco RUBIO. Cette rencontre est prévue le 27 juin prochain, à Washington. Enfin, une signature au niveau présidentiel, en présence du président américain Donald TRUMP, pourrait se concrétiser en juillet, selon des sources proches du processus de médiation rapporte nos confrères de RFI.

Rappelons par ailleurs que cet accord ouvre la voie à un cessez-le-feu effectif, un assainissement politique et sécuritaire de la région, ainsi qu’un processus humanitaire pour réintégrer les populations déplacées. L’établissement d’un cadre sécurisé destiné à soutenir la MONUSCO ( mission de l’ONU en RDC ) est un élément clé pour favoriser une paix durable dans l’Est de la RDC.

Aggée CHUGA
