La maison d’édition Miezi, en collaboration avec l’Association des Jeunes Écrivains Congolais (AJECO), a organisé vendredi 9 mai 2025 une conférence de réflexion autour du thème : « Littérature en langue congolaise : enjeux de sa production et de sa réception ».
L’événement s’est tenu à partir de 11h dans les installations de ladite maison d’édition, situées au croisement des avenues Saïo et Sport n°103, dans la commune de Kasa-Vubu.
La conférence a débuté par le mot de bienvenue de Grâce BILOLA, présidente de l’AJECO, suivi d’un moment artistique animé par le slameur Merdi NK. Ce dernier a rendu hommage au regretté Yves MUDIMBE à travers la lecture de son célèbre poème Kamyanya.
Premier intervenant du jour, Edimon LUMBIDI, chercheur en langues, a plaidé pour une revalorisation des savoirs produits en langues nationales telles que le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba.

« Il est important de maîtriser nos langues nationales. Nous devons commencer à penser et vivre à travers elles. Nos langues déterminent notre existence. Malheureusement, chez nous, on croit qu’un savant doit obligatoirement s’exprimer en français. Pourtant, on peut être savant en langues locales », a-t-il déclaré.
À sa suite, Sensei NDUKI, chroniqueur et journaliste en formation, a souligné la nécessité de préserver les valeurs ancestrales comme fondement du développement.
« Être humain, c’est aussi porter des éléments identitaires : la langue, le nom, le prénom, les tenues, la cuisine. Ces éléments affirment nos origines. Il ne faut pas tout copier de l’Occident », a-t-il affirmé.
Chancel KAPALANG, écrivaine congolaise et unique femme présente parmi les panelistes, a clôturé la session en insistant sur la responsabilité des familles dans la transmission des langues nationales.
« J’ai quitté Lubumbashi il y a 20 ans, mais je parle toujours le swahili et certaines langues de mon clan, comme le Lunda. Il est bon de connaître les langues étrangères, mais les nôtres doivent également être préservées. Chaque famille a ce devoir d’intégration », a-t-elle conclu.

La conférence s’est terminée par un jeu de questions-réponses, permettant au public d’obtenir des éclaircissements sur divers aspects de la littérature et des traditions congolaises.
Pour rappel, l’Association des Jeunes Écrivains Congolais (AJECO) est une structure nationale qui regroupe les jeunes auteurs de la RDC et met en lumière leurs œuvres, tout en promouvant la passion de la littérature dans toutes ses formes.
Ézéchiel NGAMANIA
