C’est sous le patronage du ministère de la Défense Nationale et des Anciens combattants que l’ONG EDUCCONNECT a lancé avec succès le projet « Collecte de kits menstruels pour les femmes et les filles dans les camps de déplacés en raison de conflits ».
Le lancement de ce projet a eu lieu le vendredi 11 juillet 2025 à l’hôtel Béatrice de Kinshasa, dans la commune de la Gombe, sous le thème « Examen du plan stratégique national de communication pour le changement social et comportemental relatif à la santé et à l’hygiène menstruelle : le cas des femmes déplacées en raison des conflits dans la région orientale de la RDC ».

Dès l’ouverture officielle de la cérémonie, les représentantes des ministres présentes dans la salle ont pris la parole pour lire leurs allocutions.
Nicole DIMBALA NDONA, représentant le ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants mais, et Mutoba KAPUYA, Représentante du Genre, de la Famille et de l’Enfant, ont salué ce grand honneur de s’exprimer , à l’occasion du lancement des activités de sensibilisation concernant les menstruations des femmes et des jeunes filles, ainsi que de la distribution de kits de dignité :

‹‹ Ce programme de sensibilisation et de distribution de kits de dignité que nous lançons aujourd’hui constitue une réponse concrète et salutaire. Ces actions viennent renforcer les initiatives du gouvernement congolais en partenariat avec les agences humanitaires pour garantir la dignité des femmes et des filles dans ce contexte de crise», a lu Mutoba KAPUYA.
Après ces allocutions, la fondatrice et coordinatrice d’EDUCCONNECT, Varlette MAMPASI, s’est exprimée pour expliciter les objectifs de ce projet :

« Je tiens tout d’abord à vous adresser mes remerciements pour l’intérêt que vous portez à ce projet d’envergure nationale en faveur des filles et des femmes dans les camps de déplacés de l’Est de notre pays, qui subissent les affres de la guerre. Je profite également de cette occasion pour présenter brièvement la structure que je dirige, EDUCCONNECT, qui est une organisation d’appui technique et d’encadrement pour les jeunes et les femmes, tout en soutenant les institutions étatiques dans leur vision globale pour le bien-être et le développement national. Le lancement de ce projet cadre admirablement avec l’appel du Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI, lors de l’un de ses discours à la nation sur les crises majeures que traverse notre pays, en particulier dans sa région orientale. Cela nous a incités à agir dans un contexte prédéfini, axé sur la prise en charge spécifique des filles et des femmes concernant la santé menstruelle, car l’accès aux produits menstruels est devenu une urgence humanitaire », a-t-elle dit.
Varlette MAMPASI a ensuite décrit les difficultés quotidiennes auxquelles ces femmes font face :
« La situation de l’hygiène menstruelle des femmes en RDC demeure préoccupante, bien que le pays se soit engagé à faire de la santé et de l’hygiène une priorité dans sa politique de santé publique. La réalité sur le terrain met en lumière de grandes disparités. Les connaissances et l’accès aux produits hygiéniques varient considérablement d’une province à l’autre, avec des taux d’accès allant de 2,7 % à Kinshasa et 17,9 % au Nord-Kivu, zone de déplacement. Ces conditions précaires représentent pour elles une épreuve redoutable : l’absence d’accès aux produits hygiéniques, un unique toilette sanitaire pour des centaines de personnes, et, de surcroît, l’absence d’intimité et de protection menstruelle. Dans certains camps, les adolescentes éprouvent leur première menstruation dans la honte et la peur. Privées d’intimité, d’écoute et de soins, les produits d’hygiène menstruelle sont rarement considérés comme essentiels dans les listes de besoins pour ces camps de déplacés. Ainsi, de nombreuses filles et femmes n’ont d’autre choix que de recourir à des morceaux de vêtements, de bâches de tente ou de vieux tissus, les exposant à des risques d’infections graves dans des environnements déjà hostiles. Avec ces projets d’une grande pertinence sur le plan sanitaire, nous souhaitons agir immédiatement à court et à long terme pour garantir la survie des femmes. Ces initiatives témoignent d’une réelle sensibilité marquée par l’amélioration des conditions de vie de ces femmes », a-t-elle dit.

À la suite des propos de la coordinatrice d’EDUCCONNECT, la première étape de ce projet a été consacrée à une conférence-débat sur la santé menstruelle. Quatre experts en santé ont été invités à s’exprimer pour éclairer l’auditoire sur le sujet.
La première, Charlotte NDANDU, gynécologue-obstétricienne à HJ Hospital, a abordé la question du moment opportun pour consulter un gynécologue concernant la santé menstruelle.
Le deuxième, Alain BAMBI, spécialiste du développement des soins pour l’enfance, a parlé de la manière de créer un environnement dans lequel les femmes et les filles se sentent à l’aise pour discuter de leurs menstruations.
Le troisième, Brigitte IMBULA, neuropsychiatre et chef de service au CNPP, a présenté des exposés sur la santé menstruelle, la santé sexuelle et la santé reproductive.
Enfin, Laurentz MURAIRI, expert à la Direction Nationale de la Santé de l’Adolescent, a animé une discussion sur la compréhension, la perception, les politiques, le plaidoyer, ainsi que sur les conditions favorables d’accès aux produits et infrastructures d’hygiène menstruelle.
Pour associer ces discours à la réalité, un exercice collectif a été proposé à l’auditoire, consistant à formuler des propositions devant constituer la feuille de route de ce projet.

Il est à noter que les kits de ce projet, dénommés « kits de dignité », se composent de serviettes hygiéniques, de lingettes, de couches, de savons et d’un seau. Ces kits seront distribués aux femmes et aux filles dans les camps de déplacés de la région orientale d’ici à la fin du mois de juillet 2025, ou au plus tard au début août 2025. La phase de collecte de tous ces produits auprès des partenaires n’est pas encore achevée.
Aggée CHUGA
