Réfléchir à l’intégration effective des questions de genre dans l’avant-projet de loi sur l’action humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) a constitué le maître mot de l’atelier stratégique de haut niveau organisé par la Cellule genre du Secrétariat général aux actions humanitaires et à la solidarité nationale, avec l’appui d’ONU Femmes et d’autres partenaires.

Organisé le 21 janvier 2026 à la Villa 89 des Nations unies à Kinshasa, cet atelier a réuni le Secrétariat général aux actions humanitaires, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), les agences du système des Nations unies, les cabinets et services techniques du ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, ainsi que des organisations non gouvernementales et d’autres acteurs clés du secteur humanitaire.

Les participants ont procédé à une analyse approfondie de l’avant-projet de loi à la lumière du contexte spécifique de la RDC. Les échanges ont permis d’identifier plusieurs lacunes critiques liées au genre, à la protection et à l’inclusion, avant de formuler des propositions concrètes de dispositions légales et de principes normatifs visant à garantir l’égalité de genre, la redevabilité des acteurs humanitaires et la participation significative des populations affectées.

Selon de nombreux rapports nationaux et internationaux, les femmes, les filles et les personnes vivant avec un handicap demeurent les victimes disproportionnées des crises humanitaires en RDC, tant en matière de protection que d’accès équitable à l’assistance et aux mécanismes de prise de décision humanitaire.
Dans ce contexte, l’élaboration d’un avant-projet de loi sur l’action humanitaire apparaît comme une fenêtre politique cruciale pour doter le pays d’un cadre juridique moderne, aligné à la fois sur les principes humanitaires universels et sur les engagements internationaux de la RDC en matière de droits humains et d’égalité de genre.
Les participants ont souligné le caractère inédit de cette démarche. Il s’agit, selon les organisateurs, de la première fois en RDC qu’un processus d’élaboration d’un cadre légal sur l’action humanitaire intègre de manière aussi structurée et participative les questions de genre, de protection et d’inclusion dès la phase de réflexion stratégique.

L’atelier s’est clôturé dans une ambiance conviviale, marquée par un engagement renouvelé des différentes parties prenantes à poursuivre le plaidoyer en faveur d’une loi humanitaire inclusive et sensible au genre.

Trois recommandations clés issues de l’atelier:
Institutionnaliser l’approche genre dans la loi à travers des obligations claires pour les acteurs humanitaires, incluant des mécanismes de suivi, d’évaluation et de redevabilité sensibles au genre;
Garantir la participation effective des femmes, des filles et des personnes vivant avec un handicap dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des interventions humanitaires;
Et, Renforcer la coordination et les capacités nationales, notamment par la formation des acteurs étatiques et humanitaires, à l’intégration du genre, à la protection et à l’inclusion dans les réponses humanitaires.
Aggée CHUGA
