Neuf mois après la signature de l’Accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, les progrès réalisés dans sa mise en œuvre demeurent insuffisants pour améliorer concrètement les conditions de vie des populations affectées par le conflit, en particulier les femmes et les enfants.

Des avancées limitées
Selon le dernier rapport du Baromètre des Accords de Paix en Afrique, publié le 6 avril 2026, le taux global d’exécution de l’accord n’a atteint que 27,5 %, contre 23,3 % les mois précédents. Une progression jugée modeste, essentiellement liée au lancement des opérations de neutralisation des FDLR, considérées comme un pilier sécuritaire du processus.
Une réalité humanitaire préoccupante
Derrière ces chiffres, la situation sur le terrain reste alarmante. Les engagements humanitaires, protection des civils, assistance aux populations vulnérables et retour des déplacés affichent des niveaux d’exécution extrêmement faibles. Ces retards exposent des milliers de femmes et d’enfants à des conditions de vie précaires, marquées par l’insécurité, les violences et l’absence d’accès aux services de base.

Sécurité fragile et tensions persistantes
Sur le plan sécuritaire, quelques avancées sont perceptibles, mais elles demeurent limitées. La neutralisation des groupes armés, notamment les FDLR, reste partielle, tandis que les tensions persistent entre Kinshasa et Kigali, chacun accusant l’autre de manquements aux engagements pris.
Les discussions de Doha au point mort
Par ailleurs, les discussions de Doha, censées compléter les efforts de paix en abordant les causes profondes du conflit, sont aujourd’hui suspendues. Cette impasse ralentit davantage les perspectives de stabilisation durable dans l’Est du pays.
L’Accord de Washington, malgré quelques avancées sécuritaires, peine à répondre aux attentes des populations. Les femmes et les enfants, premières victimes du conflit, restent les grands oubliés d’un processus de paix qui tarde à se traduire en améliorations tangibles.
Aggee CHUGA
