Kinshasa s’est éveillée sous une dynamique de renforcement et de responsabilité. Dans une salle de formation réunissant des voix venues de neuf provinces de la République démocratique du Congo, une trentaine de femmes et d’hommes engagés ont porté une même ambition : renforcer la gouvernance financière de leurs organisations afin de mieux défendre les droits des femmes et des filles.

Du mardi 16 au samedi 20 décembre 2025, le Centre Carter a organisé à Kinshasa une formation stratégique sur la gestion financière et la gestion des subventions. Cette session était destinée à 15 Organisations Locales de Défense des Droits des Femmes (ODDF), partenaires de mise en œuvre du programme Voix et Leadership des Femmes Renouvelé (VLFR), financé par le Gouvernement du Canada.

Dès l’ouverture de la formation, le ton a été donné par Marie-Jo NTSHAYKOLO, Chargée de programme à la Maison des Droits de l’Homme du Centre Carter. Elle a rappelé que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du programme VLFR, une initiative de sept ans mise en œuvre par le Centre Carter dans plusieurs zones du pays.
Son objectif central est de renforcer la jouissance des droits fondamentaux des femmes et des filles et de promouvoir l’égalité de genre en RDC.
« Le projet VLFR repose sur quatre composantes majeures, dont le renforcement des capacités des organisations partenaires », a-t-elle souligné.
Avant d’initier cette formation, le Centre Carter a procédé à une évaluation initiale approfondie afin d’identifier les besoins réels des organisations partenaires en matière de gouvernance, de gestion financière et de subventions. C’est à partir de ce diagnostic que cette formation a été conçue.
Au fil des échanges, une évidence s’est imposée : recevoir et gérer des subventions exige rigueur, transparence et responsabilité.

Dans un contexte où les organisations sont appelées à administrer des fonds destinés à des actions à fort impact social, il devenait indispensable de les accompagner en amont afin d’améliorer la qualité de leur gouvernance financière.
Pendant cinq jours, les participants ont été invités à revisiter les principes fondamentaux de la gestion financière appliquée aux ONG et aux projets. Ils ont analysé leurs propres pratiques organisationnelles et identifié les faiblesses à corriger. Budgétisation, contrôle interne, suivi financier, gestion des pièces justificatives, préparation des audits, rapportage financier et gestion des immobilisations : aucun aspect clé n’a été laissé de côté.

La méthodologie adoptée a privilégié une approche participative et transformative. Plus qu’un simple transfert de connaissances, des exposés théoriques, des travaux pratiques en petits groupes et des réflexions collectives ont permis aux participants de repartir avec des outils concrets et des pistes d’amélioration adaptées à leurs réalités organisationnelles.
La formation a été facilitée par un expert du CERDI, partenaire du Centre Carter, qui accompagne les ODDF dans ce processus de renforcement des capacités depuis 2019.

Au terme de cette session, les organisations partenaires sont appelées à sortir plus fortes, mieux outillées et davantage conscientes des exigences liées à la gestion financière et à la gestion des subventions. Un pas de plus vers des organisations crédibles, efficaces et durables, capables de porter haut la voix des femmes congolaises et d’inscrire leurs actions dans un impact réel et mesurable.
Aggée CHUGA
