Des habits étalés à même le sol, de la cuisine improvisée en plein air, certains faisant la sieste sous le soleil, des enfants jouant innocemment un peu partout, pendant que d’autres s’activent sans relâche pour trouver de l’eau. Certains se sont même lancés dans de petites activités commerciales, tentant de gagner un peu leur vie, comme s’ils avaient déjà perdu tout espoir.

C’est dans ces conditions précaires que vivent, contre leur gré, les sinistrés des grandes inondations qui ont eu lieu le 5 Avril 2025 dans le district de Tshangu, dans l’Est de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Une équipe de reporters de votre média a rendu visite à ces Kinois et Kinoises qui se trouvent depuis plusieurs semaines dans certains sites aménagés pour eux par l’État après avoir été victimes des ces inondations causées par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Kinshasa au début du mois d’avril dernier.
Un père de famille, qui a requis l’anonymat, interrogé par POURELLE.INFO sur l’un des sites, celui du stade des Martyrs de la Pentecôte situé dans la commune de Kinshasa, déplore les conditions dans lesquelles vivent aujourd’hui sa femme et ses quatre enfants internés à cet endroit depuis trois mois maintenant :

« Nous nous sommes habitués à la souffrance. Parfois, nous mangeons deux fois par jour quand il y a de la nourriture, mais il arrive aussi que nous en manquons . Les conditions ne sont pas vraiment réunies. Nous devons nous débrouiller pour survivre. Moi, par exemple, je sors vendre mes tableaux d’art pour ramener un peu d’argent à ma famille pendant que ma femme reste ici pour s’occuper des enfants. Je pars le matin et je reviens le soir, juste pour pouvoir répondre à certains besoins élémentaires. Certes, nous recevons de la nourriture à travers des dons, mais cela ne suffit pas pour nourrir tout le monde à sa faim surtout avec les petites caprices et demandes des enfants »,a-t-il dit.
Et de poursuivre : « Nous sommes aussi inquiets pour les conditions sanitaires. Il y a des sanitaires mis à notre disposition, mais lorsqu’ils sont occupés, nous devons payer pour accéder à celles du stade, qui ne sont pas prévues pour nous. Quant à la propreté, c’est presque inexistant. Lorsqu’on vit à plusieurs dans un même espace, il est difficile que les normes d’hygiène soient respectées. Nous dormons tous ensemble au même endroit, dans des salles disposées pour nous. C’est vraiment très compliqué. D’ailleurs nous comptons parmi nous des cas de maladies et des morts », a-t-il témoigné.

Par ailleurs, ce père de famille continue toujours de vivre dans l’espoir de quitter cet endroit le plus vite possible selon la promesse qui leur a été faite par le Président de la République Démocratique du Congo Félix Antoine TSHISEKEDI :
« J’aimerai que le Chef de l’État se souvienne de sa promesse faite lors de notre arrivée sur ce site afin qu’une solution rapide soit trouvée à propos de notre situation, notamment celle selon laquelle nous ne quitteront pas cet endroit dans les mêmes conditions qu’à notre arrivée, et que nos biens nous seront restitués grâce aux fonds de l’Etat », a-t-il confié avec tristesse.
Divine LUKOMBO
