23 avril JM du livre : ‹‹ La littérature ne s’est jamais aussi bien portée en RDC et elle a des beaux jours devant elle››, Missy Bangala.

La planète célèbre ce 23 avril la journée mondiale du livre et des droits d’auteurs. Dans cette optique la rédaction de votre média a approché Missy Bangala, écrivaine congolaise pour en savoir plus sur l’état de l’industrie du livre et des droits d’auteurs en RDC.

Initiatrice du café littéraire de Missy « Calm« , madame Bangala a précisé que ‹‹l’industrie du livre est une industrie complexe qui rallie 3 choses en une, la créativité, la production, et la commercialisation». Elle renseigne qu’actuellement en RDC là où il y a la commercialisation les choses marchent « très très bien », avec notamment le concours des associations culturelles, des ventes en ligne qui ont été instaurées, du porte à porte avec de nouveaux lecteurs rencontrés notamment sur les réseaux sociaux.

Missy Bangala informe qu’avec ce système les organisations littéraires dont elle est membre arrivent à susciter de l’intérêt et la découverte des auteurs congolais dont ces organisations sont les principaux distributeurs.
‹‹ Depuis quelques années maintenant, 3 ou 4 ans je pense, le livre ne s’est pas mieux porté en RDC parce qu’il y a maintenant de l’intérêt suscité jusqu’à même la Présidence de la République à travers notamment l’Association des Ecrivains du Congo où on est arrivé à créer un Prix congolais de littérature et le Prix panafricain, avec l’accord du chef de l’État, actuel président en exercice de l’Union Africaine. Et cela nous pousse à dire que la littérature ne s’est jamais bien portée au Congo et a des beaux jours devant elle ››, a-t-elle dit.

Pour elle cette journée du 23 avril est une date symbolique du point de vue littéraire, car c’est un 23 avril que sont décédés ou nés de grands noms de la littérature tels que Shakespeare, Cervantès, Vladimir Nabokov, Maurice Druon et autres…au delà d’être une date instituée par l’UNESCO afin de rendre un hommage mondial au livre et aux droits d’auteurs.

‹‹ Elle se célèbre à travers des festivités partout dans le monde, malheureusement cette année au Congo et même ailleurs on ne peut pas célébrer à cause de la pandémie de Covid-19 ››, a-t-elle regretté.

Concernant les droits d’auteurs en RDC, Missy Bangala présidente également du collège littérature à ADACO, association des droits d’auteurs du Congo, renseigne que l’ordonnance-loi n°86-033 du 5 avril 1986 portant protection des droits d’auteurs et droits voisins donne directement la paternité à l’auteur d’une œuvre et création artistique intellectuelle à son propriétaire. Et cette protection s’étend jusqu’aux rémunérations des droits d’auteurs. Malheureusement, poursuit elle, ‹‹ les lois ont été écrites, ont été dites, mais leur respect est assez complexe dans notre pays vu que la société censée rémunérer les auteurs ou protéger leurs œuvres ne fait pas son travail comme il se doit et surtout dans le domaine du livre ››.

Et d’ajouter , ‹‹ le handicap le plus flagrant est que nous n’avons pas vraiment de maisons d’éditions qui respectent aussi cette loi et qui respectent en même temps leurs écrivains. Cela m’amène à vous parler de ADACO, une entreprise de droits d’auteurs dont je suis membre, et qui oeuvre à la sensibilisation des artistes pour qu’ils connaissent leurs droits et sachent comment se défendre en cas d’abus. Et je suis sûre que, à la longue, la libéralisation du droit d’auteur pour tous sera accessible à tous et que chaque auteur touchera vraiment ce qu’il faut par rapport à son travail. Ce sera vraiment le chemin à faire ››, a dit Missy Bangala tout en espérant qu’avec tous les changements que subit le pays, les auteurs entreront vite dans leurs droits.

Quand on lui demande si les écrivains sont suffisamment rémunérés par leurs œuvres, la vice-présidente de l’Asbl Liboke répond : ‹‹ Pour moi je peux dire que ça va notamment avec mon 1er livre publié en Suisse, ce qui n’est pas toujours le cas avec les collègues que je côtoie ici au pays. Je peux donc dire que j’ai eu un avantage. On devrait donc en fait tous œuvrer dans la même direction afin que nos droits soient respectés pour jouir de nos gains sur les droits d’auteurs ››, a-t-elle conclut.

Dave Ngonde

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