Samedi 15 novembre, la salle Marini de la Cathédrale du Centenaire a vibré d’une énergie particulière. Dès les premières heures, des femmes leaders politiques, sociales et communautaires affluaient, déterminées et convaincues que l’année 2028 ne doit plus reproduire les erreurs du passé.

Organisée par le Cadre Permanent de Concertation de la Femme Congolaise (CAFCO), la journée de réflexion s’est ouverte dans un silence respectueux. La Directrice exécutive de l’organisation, Grâce LULA, a pris la parole pour lancer officiellement les travaux.

Elle a dressé un constat saisissant qui a fait frissonner l’assemblée : « Depuis 2006, nos mobilisations augmentent… mais nos chiffres restent presque les mêmes. Aujourd’hui, la participation politique des femmes stagne entre 11 et 18 %, un plafond difficile à briser».
Grace LULA a ensuite mis en lumière les principaux obstacles qui entravent l’avancement des femmes dans l’arène politique : les mentalités rétrogrades, les pratiques internes des partis politiques, mais aussi la méconnaissance de mesures favorables telles que l’exemption de caution pour les listes comprenant 50 % de femmes.

Malgré ce constat préoccupant, son discours se voulait résolument mobilisateur.
« Les élections de 2028 se préparent dès aujourd’hui, dit-elle. Les femmes leaders doivent inventer des stratégies, individuellement et collectivement, pour contourner les obstacles et réussir».
À la suite de Grâce LULA, Pacifique NKUNZI, Expert Genre d’ONU Femmes, est intervenu pour présenter une analyse synthétique des progrès accomplis et des défis persistants. Ses propos ont permis de mesurer l’évolution des efforts entrepris, mais aussi l’ampleur du travail restant à accomplir.

Puis vinrent les échanges. La salle s’est transformée en un véritable laboratoire d’idées : questions, suggestions, propositions… toutes orientées vers un objectif commun : faire des élections de 2028 un tournant historique pour les femmes congolaises.
En fin de journée, des recommandations concrètes, claires et réalistes furent adoptées, marquant un nouvel élan collectif. Il convient de rappeler que, bien que la RDC dispose déjà d’un cadre juridique favorable dont la Constitution, la loi électorale et la Politique nationale de genre, l’application de ces textes demeure souvent limitée, voire symbolique.

De cette journée de réflexion, deux recommandations majeures se dégagent : Renforcer les mécanismes contraignants afin de garantir une réelle représentation féminine dans les instances décisionnelles, Investir massivement dans la formation et l’accompagnement des femmes leaders dès la base. Car au-delà des lois, c’est la volonté politique, l’unité et l’engagement de toutes et tous qui permettront de faire progresser l’égalité et d’assurer la pleine participation des femmes dans la gouvernance du pays.

Aggée CHUGA
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