À l’occasion des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, le média féminin POURELLE.INFO rappelle qu’il est essentiel de parler d’une forme de violence souvent invisible mais tout aussi dévastatrice : les violences numériques.
Elles touchent de plus en plus de femmes et de filles dans le monde et peuvent avoir des conséquences graves sur leur sécurité, leur liberté et leur vie quotidienne.

Qu’est-ce que la violence numérique ?
La violence numérique, ou cyberviolence, désigne tout acte de violence facilité ou amplifié par les technologies numériques : réseaux sociaux, messageries instantanées, forums, plateformes de jeux en ligne ou tout autre outil connecté.

Elle peut prendre différentes formes : insultes, menaces et harcèlement ; chantage et diffusion d’images ou vidéos intimes ; violation de la vie privée ou usurpation d’identité. Bien que le dommage se produise en ligne, ses effets peuvent être très réels et toucher tous les aspects de la vie d’une personne. Comme le souligne ONU Femmes, « la violence en ligne est une violence bien réelle » : elle prive les femmes de leur voix, de leur sécurité et de leurs droits fondamentaux.
Les principales formes de violences numériques

Les violences numériques peuvent se manifester de plusieurs manières, souvent combinées :
Cyberharcèlement et insultes en ligne : menaces, humiliations ou intimidations répétées sur les réseaux sociaux et autres plateformes ;
Cyber‑traque (cyberstalking) : surveillance persistante, doxing (divulgation d’informations personnelles), menaces et tentatives de contrôle ;
Partage non consenti d’images ou vidéos intimes: porno‑vengeance ou deep fakes pour humilier ou faire chanter ;
Sextorsion : chantage à la sexualité ou menaces liées à des contenus intimes ; Discours haineux et sexisme en ligne : attaques ciblées contre les femmes ou les groupes marginalisés ;
Violation de la vie privée : collecte ou divulgation de données personnelles sans consentement et,
Exploitation sexuelle et trafic en ligne : utilisation des plateformes pour recruter ou exploiter des victimes.
Ces formes de violences peuvent se cumuler et créer un sentiment de danger permanent pour les victimes.
Les conséquences pour les victimes

Les violences numériques ont des impacts concrets et souvent graves qui peuvent (être):
Psychologiques : stress, anxiété, isolement, peur, détresse ;
Sociaux et professionnels : atteinte à la réputation, humiliation publique, isolement social, difficultés professionnelles ;
Réduire la liberté d’expression : peur de parler ou de participer à la vie publique, en ligne ou hors ligne ;
Conduire aux violences physiques : les menaces en ligne peuvent se traduire par des agressions dans le monde réel ;
Atteindre l’autonomie économique : certaines femmes renoncent à des opportunités par crainte des représailles numériques.
Pourquoi en parler pendant les 16 jours d’activisme ?
Chaque année, du 25 novembre au 10 décembre, les 16 jours d’activisme mettent en lumière toutes les formes de violences basées sur le genre. La violence numérique y occupe une place centrale : elle touche particulièrement les femmes et les filles, mais elle reste souvent sous-estimée ou invisible pour la société.
Comment agir et se protéger ?
Pour se protéger et soutenir les autres, il faut:
S’informer et sensibiliser : reconnaître les signes et comprendre les risques ;
Savoir signaler et dénoncer : utiliser les outils des plateformes ou des services spécialisés ;
Renforcer la sécurité numérique : mots de passe sécurisés, paramètres de confidentialité, vigilance face aux inconnus ;
Soutenir les victimes : écoute, accompagnement et orientation vers des structures spécialisées ;
Exiger des lois et mécanismes adaptés pour protéger les victimes et sanctionner les auteurs.
La violence numérique n’est pas un simple «problème d’Internet » : c’est une menace réelle pour la sécurité, la dignité et les droits des femmes et des filles. Pendant ces 16 jours d’activisme, il est crucial de s’informer, de sensibiliser et d’agir pour que le numérique devienne un espace sûr pour tous.
Chaque femme doit savoir qu’elle n’est pas seule, que ses droits existent et que des solutions existent pour se protéger et demander justice.
Esther MPEZO O.
