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Refus de naissances non espacées: Des femmes victimes des violences sexuelles dans le mariage

Plusieurs femmes dans certains ménages de Kinshasa et d’ailleurs se plaignent de subir des violences sexuelles dans leurs foyers dont les auteurs ne sont autres que leurs époux.

La raison ne serait autre que leur refus de contracter des grossesses non désirées qui déboucheraient aux naissances non espacées.

En effet, dans la commune de kimbanseke, une municipalité enclavée de Kinshasa, capitale de la RDC, des femmes se sont plaintes des violences sexuelles dont elles sont victimes de la part de leurs maris.

‹‹ Mon mari veut que j’ai autant d’enfants parce qu’il a payé sa dot, on est marié et les enfants sont un don de Dieu. Certains de mes enfants ont un écart de quelques mois seulement et d’autres une année »

a confié l’une d’elles.

Cette mère au foyer de sept enfants vit sous la pression de son mari, dans une position d’incapacité d’user pleinement de son corps, de dire non à ce qui lui dérange et de décider de l’espacement des naissances de ses enfants ainsi que du nombre des enfants qu’elle aimerait avoir.

Quand elle n’est pas consentente, son mari menace de la répudier, ou d’aller voir ailleurs. Une situation qui la contraint souvent de se laisser faire, d’accepter un rapport sexuel même quand elle ne le veut pas ceci parce qu’elle a peu de ressources financières, et deux de ses enfants en âge de scolarité ne vont pas à l’école.

D’après Julienne Moseka, sage-femme de 62 ans avec 35 ans de carrière, pendant des séances de rendez-vous prénatal et post-natal  lorsqu’elle sensibilise sur la planification familiale, nombreuses sont les femmes qui se plaignent des violences sexuelles qu’elles subissent dans leurs couples.

Elle les conseille de s’adresser aux instances compétentes pour ces cas qui devant la loi sont punissables.

« Nous leur faisons prendre conscience de leurs droits. Beaucoup n’osent pas dénoncer par peur de fragiliser leur couple car celui-ci leur offre protection et stabilité. Les choses les plus précieuses dans leur vie.

La minorité de celles qui parviennent à dénoncer sont taxées de « mauvaises femmes« . La notion de devoir conjugal héritée depuis des longues années est encore encrée dans notre société »,

affirme la sage-femme.

Cette situation est interpellatrice dans la mesure où le code pénal congolais dans son article 170 alinéa premier déclare ‹‹Quand il n’y a pas consentement de deux parties pour passer à l’acte sexuel, que ça soit dans ou en dehors du mariage, l’imposition de l’un est considéré comme un viol››. Cet article du code pénal congolais punit ces violences sexuelles subies par la femme.

‹‹ Le viol est défini comme l’utilisation de la force ou du pouvoir physique ou psychique pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Nous avons du travail à faire, nous, défenseurs de droits de l’homme, juristes et avocats pour faire en sorte que dans cette loi parlant des violences qu’il y ait une assertion qui parle des violences conjugales et de les définir dans toutes ses formes ››

a déclaré à ce sujet Alexandra MULEKA, une femme juriste.

Ces violences que subissent certaines femmes dans leurs ménages,  doivent donc être dénoncées  par les victimes. Ces dernières doivent prendre leur courage à deux mains pour mettre fin à ces actes qui portent atteinte à leur intégrité physique et morale.

Olivier Mukengeshayi

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