En portant la voix des ressortissants de Kaniola, Patricia MAISHA, présidente du Réseau pour le développement intégré du Congo (RDIC), a appelé à établir des responsabilités et à renforcer la sécurité des populations survivantes 20 ans après les massacres perpétrés à Kaniola et à Nindja, dans la province du Sud-Kivu.

Ce plaidoyer a été lancé à l’occasion de la 20e commémoration de ces massacres au mémorial du Genocost samedi 10 octobre à Kinshasa. Lors de son intervention, Patricia MAISHA est revenue sur le bilan de ces tueries, en se basant sur l’ouvrage de l’abbé Jérémie KALUMIRE, publié en 2013. Celui-ci avait fait état d’au moins 287 personnes tuées.

L’intervenante a également évoqué les 276 victimes recensées durant la période allant de 1996 à 2008 dans ces deux groupements du territoire de Walungu, où des violences attribuées à différents groupes armés ont semé terreur et désolation. Les populations s’étaient retrouvées, pieds et poings liés, livrées à des massacres, des enlèvements, des violences sexuelles, des tortures et des pillages. Des attaques meurtrières y avaient notamment été rapportées en octobre 2005 et en mai 2007.
La représentante des ressortissants de Kaniola, appelés communément les «Balinda Mwami », réunis au sein de l’association Solidarité pour le développement de Kaniola (SOLIDEKA), a exigé des investigations sérieuses pour établir des responsabilités et une reconnaissance appropriée des victimes, ainsi que des survivants.
Pour Patricia MAISHA, la préservation de la mémoire des victimes doit s’accompagner d’un travail rigoureux de documentation et de reconnaissance des faits.

« Nous demandons la justice, la sécurité et la paix », a-t-elle déclaré, évoquant des familles séparées, des enfants privés de leurs parents et des communautés plongées dans une douleur persistante. Cette tragédie, indique-t-elle,continue de « marquer les communautés touchées ».
Au-delà du devoir de mémoire, elle a insisté sur la nécessité d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations des survivants.

« Kaniola et Nindja ne demandent pas seulement que l’on se souvienne de leurs morts, elles demandent que l’on protège leurs vivants. Faites en sorte que le sang versé hier ne préfigure pas les larmes de demain », a exhorté Patricia MAISHA.
Cette déclaration résonne comme un appel aux autorités à faire de la sécurité des populations une priorité.
Patricia MAISHA a, par ailleurs, invité les ressortissants de Kaniola et de Nindja à faire de leur solidarité un levier d’action en faveur de la paix et de la dignité humaine.

Elle les a exhortés à préserver la mémoire collective et à transmettre aux générations futures non seulement le souvenir des victimes, mais aussi les valeurs de solidarité et de coexistence pacifique.
Aggée CHUGA
