Sarah KATOKA NDAMBO est une institutrice et directrice des classes maternelles au complexe scolaire Manassé, situé à Lemba à Kinshasa. Elle encadre avec dévouement les tout-petits, en assurant à la fois la coordination pédagogique et la formation des enfants en bas âge. Elle a partagé sa passion pour l’enseignement et l’encadrement des enfants au micro de POURELLE.INFO à l’occasion de la journée nationale de l’enseignement célébrée chaque 30 avril en République Démocratique du Congo.

« Si je me retrouve dans l’enseignement, c’est avant tout une question de sang, car ma mère a consacré toute sa vie à l’enseignement. Je ne saurais dire comment cela est arrivé, mais j’ai vu cette passion pour l’enseignement naître en moi au fil du temps. Les études que j’ai poursuivies depuis mon jeune âge m’ont naturellement exposée à l’enseignement, et plus particulièrement à l’encadrement des enfants. C’est ainsi que j’ai pu développer de nouvelles compétences et aptitudes. Même à l’église, je suis monitrice à l’école de dimanche, toujours dans l’accompagnement des enfants. J’aime les enfants, c’est une véritable passion. À la maison, je suis constamment entourée d’eux, ce qui renforce encore plus mon amour pour l’enfance. J’ai un véritable faible pour eux et je me sens totalement à l’aise en leur compagnie. C’est dans cet environnement que je m’épanouis pleinement.» a-t-elle relaté
Beaucoup de personnes considèrent les classes de maternelle comme une corvée, une tâche lassante souvent reléguée aux enseignantes. Mais Sarah KATOKA ne partage pas cet avis. Elle dirige ses classes avec passion, dévouée non seulement à l’enseignement, mais aussi à l’éducation et à l’accompagnement des tout-petits, qu’elle aime profondément côtoyer au quotidien.

«Travailler avec les enfants, je ne le considère pas comme une corvée, au contraire, j’y trouve du plaisir. Être là avec eux, les accompagner, chercher des solutions à leurs petits problèmes du quotidien, ça me réjouit. En tant qu’institutrice, j’ai parfois l’impression d’être un petit “dieu” à leurs yeux, parce que je fais ce qui, pour eux, semble miraculeux : je règle leurs soucis, je trouve des réponses à leurs questions » a fait savoir Sarah KATOKA
Et d’ajouter :
« Les enfants, c’est un vrai plaisir de vivre avec eux. Quand tu entres dans leur univers, tu ne vois même pas le temps passer. Tu ne vieillis pas, tu ne grandis pas… tu t’identifies à eux ».
En ce qui concerne la gestion du temps entre les heures des cours et des autres occasions, elle arrive bien à s’en sortir :
« Personnellement, j’arrive à bien m’en sortir parce que mon emploi du temps me le permet. Ce que j’apprécie particulièrement avec la maternelle, c’est qu’elle offre la possibilité de vaquer à d’autres occupations après les cours. En général, les activités prennent fin autour de midi. Une fois la journée scolaire terminée, en tant qu’institutrice, on dispose du reste de la journée pour se consacrer à d’autres engagements. C’est déjà un avantage non négligeable », a-t-elle dit.
Étant mariée et mère de famille, elle parvient à concilier avec brio sa vocation d’éducatrice à l’école et son rôle de maman à la maison. La passion et l’amour qu’elle voue à ses propres enfants, elle les transmet avec la même intensité aux enfants dont elle a la charge à l’école.

« Que ce soit à la maison ou à l’école, j’aime gérer les enfants. C’est vrai qu’à un moment donné avec la gestion des enfants, ça devient épuisant, ça tape sur les nerfs. Mais, avec l’instinct maternel, vous avez ça en vous, et vous finirez toujours par vous en sortir. Moi, j’ai pris l’habitude de me dire que chaque fois que ça devient trop, je le prends comme un jeu dans lequel je peux trouver du plaisir, et je me dis que ça va passer. Je m’implique à fond, puis je prends le temps de me reposer, de me ressourcer… pour revenir plus forte», a-t-elle dit
Elle a également partagé sa plus grande fierté en tant qu’éducatrice:
«Voir l’enfant qui ne savait pas communiquer commencer à le faire, qui ne savait pas s’exprimer en langue française, le faire après quelque temps, celui qui était antisocial devenir social. Pour moi, c’est déjà une immense joie de voir de tels progrès , c’est un miracle et c’est beau à voir », a-t-elle affirmé
Sarah KATOKA a aussi ajouté un autre aspect des choses dont les résultats lui rendent fière :

« Voir un enfant qui était rebelle, qu’il a fallu corriger et éduquer, devenir obéissant est un réel plaisir. Au début, c’était très difficile mais maintenant, ils connaissent les consignes et les respectent. La plupart viennent de familles où, à leur âge, on les laisse souvent faire ce qu’ils veulent. Pourtant, il est essentiel de les encadrer, de leur tracer un chemin et leur donner des repères. », se réjouit-elle
Pour conclure, elle a adressé un conseil aux jeunes filles qui hésitent à se lancer dans l’enseignement à cause des préjugés, notamment en ce qui concerne les classes maternelles, souvent perçues comme une corvée.
« C’est une grâce d’avoir l’instinct maternel. Personnellement, j’ai été habituée à prendre soin des enfants depuis mon plus jeune âge, étant l’aînée de la famille. J’ai veillé sur mes cadets, puis sur leurs enfants, et aujourd’hui sur les miens. Je considère aussi les enfants de l’école comme les miens.
Les jeunes filles qui aspirent à cette profession doivent d’abord demander à Dieu de leur accorder cet instinct maternel, afin d’exercer pleinement ce métier noble. Qu’elles ne le prennent pas comme une corvée, mais qu’elles y trouvent du plaisir. Et elles s’en sortiront».
Divine LUKOMBO
