À l’occasion de la Journée Internationale pour l’Élimination de la Discrimination Raciale, célébrée le 21 mars de chaque année, le média POURELLE.INFO a décidé d’explorer l’impact des politiques publiques relatives à la discrimination raciale sur les femmes. L’objectif est d’évaluer l’efficacité de ces politiques dans la réduction des inégalités raciales et de genre. C’est dans cette optique que nous avons interrogé Maguy EBEKA, Directrice Générale Adjointe à l’Agence Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (AVIFEM).

POURELLE.INFO : Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre engagement en matière de droits des femmes et de lutte contre la discrimination raciale ?
Maguy EBEKA : Je suis Maguy EBEKA MALOKA, une fervente défenseure des droits des femmes en RDC. Mon engagement a commencé à travers des formations qui m’ont sensibilisée sur le leadership et à l’engagement politique. En tant que directrice générale adjointe intérimaire de l’AVIFEM, je me consacre à la lutte contre les violences faites aux femmes et à l’encouragement de leur participation à la vie publique. Je crois que l’autonomisation des femmes est essentielle pour lutter contre toutes les formes de discrimination, y compris le racisme.

POURELLE.INFO : Y a-t-il des politiques publiques spécifiques qui soutiennent les femmes victimes de discrimination raciale ? Si oui, lesquelles.
Maguy EBEKA : Bien que la loi mère, la constitution, ou précisément des textes légaux sur la parité existent pour soutenir les femmes, il manque souvent une approche explicite concernant la discrimination raciale. Cependant, des initiatives émergent, comme celle qui visent à fournir un cadre pour aider spécifiquement les femmes, notamment celles issues de minorités ethniques. Ces politiques doivent être renforcées et adaptées pour répondre aux besoins des femmes racisées.
P.I : Comment évaluez-vous l’efficacité des politiques publiques pour protéger les femmes racisées contre la discrimination ?
M.E : L’efficacité des politiques en RDC laisse à désirer. En tant que femme politique, j’ai observé que les lois en place ne sont pas toujours appliquées de manière efficace. Les femmes racisées se heurtent à de nombreux obstacles, notamment dans l’accès à la justice. Par exemple, le manque de sensibilisation des agents de l’État aux problèmes spécifiques rencontrés par ces femmes limite réellement l’impact de ces politiques. Il est impératif d’augmenter la formation et les ressources pour assurer une mise en œuvre adéquate.
P.I : Avez-vous des exemples où des femmes racisées ont été victimes de traitement inéquitable ?
M.E : Des situations de discrimination sont fréquentes, notamment à l’encontre de femmes pygmées ou d’autres groupes minoritaires. J’ai été témoin de cas où des femmes de ces communautés éprouvent des obstacles à l’accès aux soins de santé ou à l’éducation, souvent en raison de préjugés ancrés dans la société. Ces expériences mettent en lumière la nécessité urgente de programmes ciblés pour défendre les droits de ces femmes.

P.I : Pensez-vous que les politiques publiques actuelles soutiennent l’accès des femmes racisées sur un pied d’égalité avec les autres groupes ? Si non, quelles améliorations seraient nécessaires ?
M.E : Actuellement, les politiques publiques ne parviennent pas à garantir un accès égal. Les femmes racisées, en particulier celles issues de groupes marginalisés, subissent des inégalités dans divers domaines. Pour remédier à cette situation, il est nécessaire d’adopter des mesures spécifiques, telles que des quotas pour l’emploi et des formations de sensibilisation à la diversité pour les responsables politiques et les prestataires de services.
POURELLE.INFO : Quelles recommandations faites-vous aux autorités publiques pour améliorer les politiques existantes et garantir que les femmes racisées bénéficient des mêmes droits et opportunités que les autres ?
Maguy EBEKA : Renforcer les mécanismes de mise en œuvre des lois existantes afin de garantir qu’elles soient effectivement appliquées pour toutes les femmes, notamment celles appartenant à des groupes racisés ; Établir des programmes de soutien spécifiques pour les femmes racisées, axant l’attention sur leurs besoins particuliers. Promouvoir des campagnes de sensibilisation pour changer les attitudes sociétales envers la discrimination raciale et de genre à l’échelle nationale. Créer des partenariats avec des ONG, comme NOFAC, pour développer des initiatives qui renforcent la place des femmes dans la société.
Rappelons par ailleurs que lorsque nous éliminons la discrimination à l’égard des femmes, nous ouvrons la voie à une société plus juste, plus équitable et plus prospère pour tous.
Aggée CHUGA
