La justice française a relancé, le 6 mai 2026, les poursuites visant Agathe Habyarimana après l’annulation du non-lieu prononcé en 2025 dans l’enquête portant sur des faits présumés de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité.

La cour d’appel estime que plusieurs éléments du dossier nécessitent de nouvelles investigations, ravivant ainsi une affaire judiciaire suivie depuis plusieurs années aussi bien en France qu’au Rwanda.
Veuve de Juvénal Habyarimana, ancien président rwandais mort dans l’attentat contre son avion le 6 avril 1994, Agathe Habyarimana est soupçonnée, selon certaines enquêtes, d’avoir appartenu à un cercle très proche du pouvoir de l’époque, appelé «Akazu », considéré comme influent au sein du régime hutu.
Ce groupe est accusé d’avoir participé à la préparation et au soutien des violences ayant conduit au génocide des Tutsi en 1994, qui a fait environ 800 000 morts.

Réfugiée en France depuis plusieurs années, l’ancienne Première dame fait l’objet de procédures judiciaires engagées à la suite de plaintes déposées par des organisations de défense des droits humains.

Si le non-lieu rendu en 2025 avait temporairement suspendu les poursuites, son annulation marque un nouveau tournant dans cette affaire hautement sensible sur les plans politique et mémoriel.
Cette décision judiciaire est perçue par plusieurs associations de rescapés comme une avancée importante dans la quête de justice autour des responsabilités présumées des anciens proches du régime rwandais de 1994.
Germaine BAKAMBANA
