Le ministère de l’Économie nationale a récemment annoncé l’entrée en vigueur de nouvelles mesures encadrant l’exercice du petit commerce et du commerce de détail en République démocratique du Congo.
Selon un communiqué officiel, les opérateurs économiques concernés disposent d’un délai de six mois pour se conformer à cette réglementation. Cette réforme vise à structurer un secteur largement dominé par l’informel, en clarifiant les règles et en instaurant un environnement économique plus organisé, équitable et sécurisé.
Désormais, le petit commerce et le commerce de détail sont exclusivement réservés aux Congolais, tandis que certaines activités à forte intensité de capital restent accessibles aux investisseurs étrangers, sous conditions.
Dans ce contexte, les femmes apparaissent comme les premières concernées par cette mesure. Très présentes dans les marchés, la vente ambulante ou les petits étals, elles constituent une part importante des acteurs du commerce informel.
Pour beaucoup, cette réforme représente à la fois une opportunité d’accéder à une reconnaissance légale et un défi majeur, en raison des contraintes administratives, fiscales et financières qu’implique la formalisation.
Mais que signifie concrètement « se conformer » ?
Se conformer à la nouvelle réglementation implique de passer du statut informel à un statut légal reconnu par l’État. Pour les vendeuses, cela suppose plusieurs démarches essentielles :
S’identifier officiellement comme commerçante : s’enregistrer auprès des services compétents et obtenir un registre de commerce ou une autorisation équivalente ;
Obtenir une patente ou une licence commerciale délivrée par les autorités locales;
Se mettre en règle sur le plan fiscal : disposer d’un numéro d’identification fiscale et s’acquitter des taxes prévues ;
Exercer dans un espace autorisé, notamment dans des marchés reconnus ou des lieux de vente réglementés ;
Organiser son activité en tenant une gestion minimale (achats, ventes).
Si ces exigences visent à mieux structurer le secteur, elles représentent également un défi de taille pour de nombreuses femmes, souvent confrontées au manque de moyens, à un déficit d’information et à la complexité des procédures administratives.
Au-delà de la régulation du commerce, cette mesure soulève une question plus large : celle de l’inclusion économique des femmes en RDC. La formalisation du secteur informel pourrait devenir un levier d’autonomisation, à condition qu’elle soit pensée de manière inclusive et adaptée aux réalités de celles qui en constituent le pilier.
Aggée CHUGA
