Lors de l’audition du ministre de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises, tenue le jeudi 5 juin 2025, la députée nationale Pepito KILALA, élue de la circonscription de la Funa, à Kinshasa a pris la parole sans détour pour aborder plusieurs aspects liés à la politique sociale du ministère.

Parmi ses principales préoccupations, elle a soulevé des questions pertinentes, en particulier celles relatives à l’employabilité des jeunes et à l’accompagnement financier et matériel des initiatives entrepreneuriales portées par cette tranche de la population :

‹‹ Quelle politique avez-vous mise en place pour réinsérer socialement les jeunes en situation de rue ou impliqués dans le banditisme ? ››; ‹‹ Pouvez-vous garantir qu’un Congolais ordinaire, fabricant par exemple des briques, peut effectivement bénéficier d’un financement du FPI ( Fonds de la promotion de l’industrie) ? »; ‹‹ Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous citer un exemple concret de Congolais issu d’un milieu modeste ayant obtenu un financement du FPI, en dehors des personnes issues des classes sociales favorisées ? ››, ceci a été l’arsenal des questions posées au numéro 1 de l’industrie, PME et PMI en RDC par la députée nationale Pepito KILALA.
En abordant la question de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, inscrite à l’ordre du jour, l’élue de Kinshasa a affirmé qu’une industrialisation sans inclusion est une trahison. Selon elle, les commerçants, artisans et créateurs congolais ne perçoivent plus que les projets étatiques comme un mirage lointain.

« Quand nos enfants mendient 100$, vous jetez des millions dans la rue. Quand nos jeunes rêvent de moulins, vous faites la promotion de produits étrangers, comme Pepsi, qui peut nuire à la santé. Quand est-ce que le Congolais pourra consommer un jus de fruits naturels dans la rue ? » a-t-elle déclaré.
Et d’ajouter :
« Vous ne pouvez pas espérer soutenir les grandes industries tout en négligeant les petites. C’est toujours par les petites structures que l’on commence pour relever l’économie nationale. Dans certains pays, des stratégies sont mises en place pour réinsérer les jeunes dans la société, notamment en finançant des formations pratiques et en accordant des subventions à certains d’entre eux ».
Pepito KILALA a également fait remarquer que de nombreux Congolais rencontrent des difficultés à se lancer dans l’entrepreneuriat, car ils font face à une forte concurrence étrangère. En effet, certains commerçants étrangers, autrefois limités au commerce de gros, se tournent depuis quelque temps vers la vente au détail, créant une rivalité directe avec les opérateurs économiques congolais.
« Vous avez introduit des concurrents indo-pakistanais qui, à présent, font du commerce de détail », a dénoncé la députée Pepito KILALA.

À l’heure où la République émocratique du Congo affirme vouloir bâtir une économie solide, inclusive et souveraine, son intervention soulève une question cruciale : à qui profite réellement la politique industrielle congolaise ?
Divine LUKOMBO
