La 2ᵉ édition du Forum de la jeune avocate s’est tenue le vendredi 11 avril 2025 à Kinshasa.
Cet événement annuel, organisé par l’association “Avocat au féminin” dirigée par Maître Plamedie POLA, a réuni les jeunes avocate, les étudiantes en droit et les avocats de renom.
Six femmes juristes chevronnés et des hommes ont pris part à cette rencontre face à une audience composée majoritairement de juristes et d’étudiantes en droit.
Les panelistes du jour, Maîtres Gaëlle Laurence NGO NGUE, Jorda ESSOUKOU BIENVENUE, Christine KAMAZAY, Péguy FILA, Jean-Claude KAKURA et Plamedie POLA, ont échangé avec les participants sur plusieurs problématiques relatives à l’exercice du métier d’avocate. Parmi les sujets abordés : le refus d’intégration des jeunes avocates dans les cabinets, l’importance de l’apparence physique, ou encore la lutte contre le harcèlement en milieu professionnel.

Les échanges ont débuté par le témoignage de Maître Christine KAMAZAY, avocate au barreau de Kinshasa-Matete et membre honoraire du Conseil de l’Ordre. Elle a partagé son expérience pour illustrer les obstacles rencontrés par les jeunes femmes avocates, évoquant notamment des freins d’ordre culturel, tribal et sociologique qui limitent leur accès aux cabinets d’avocats, surtout ceux dirigés par des hommes.

De son côté, maître Péguy FILA, avocat au barreau de Kinshasa-Gombe, a quant à lui souligné que 60 % des avocats – hommes et femmes – de la RDC exercent à Kinshasa. Cette forte concentration accentue la concurrence, rendant plus difficile l’insertion professionnelle. S’agissant des discriminations, il a évoqué la crainte, parfois infondée, que les femmes trahissent le secret professionnel. Il a dénoncé cette stigmatisation et rejeté l’idée selon laquelle une femme avocate serait moins compétente qu’un homme.
Les panélistes ont aussi déploré certains comportements observés chez des jeunes avocates : manque de concentration, distractions liées à l’usage du téléphone, retards aux audiences, départs précipités du cabinet pour des raisons personnelles, ou encore une attention excessive portée à l’apparence au détriment du travail.

La question du harcèlement a été longuement abordée, notamment par Maître Jean-Claude KAKURA, avocat au barreau de Kinshasa-Gombe et président de l’Union des jeunes avocats. Il a invité les jeunes avocates à distinguer les avances sérieuses du harcèlement, tout en les encourageant à choisir soigneusement leurs partenaires de vie afin de préserver leur carrière.
L’initiatrice de cet événement Maître Plamedie POLA a insisté sur la nécessité d’un bon équilibre entre l’apparence physique et la compétence. Elle a déploré que certaines jeunes femmes soient attirées par le prestige de la profession, sans s’impliquer réellement dans le travail.

« La profession d’avocat est un métier noble. Il est important d’être soignée physiquement, mais il faut aussi cultiver l’excellence intellectuelle », a-t-elle martelé.
Elle a également regretté que certaines participantes à des conférences ou colloques repartent sans rien retenir, faute de concentration.
Deux interventions par visioconférence ont enrichi les débats. Maître Gaëlle NGO NGUE, du barreau du Cameroun, a évoqué les stéréotypes freinant l’intégration des femmes dans les cabinets. Pour elle, il est essentiel de répartir les rôles selon les compétences de chacun, et de promouvoir l’entraide pour garantir un environnement de travail plus équitable.
Maître Jorda ESSOUKOU, du barreau de Brazzaville, a quant à elle abordé la question de l’apparence physique, soulignant qu’une apparence soignée renforce la crédibilité de l’avocate et le respect envers les institutions judiciaires, les confrères et les clients. Elle a précisé que l’apparence ne doit pas primer sur les compétences et doit toujours rester conforme à la déontologie.
Des personnalités éminentes du monde judiciaire en RDC ont également enrichi les échanges par leurs conseils, notamment le bâtonnier MUTSHEMBE WEMBO Emile, le doyen Maître MUNKINDJI KABUNDJI Tharcisse, et Maître Victorine NSIMBA KILEMBE.
S’exprimant devant la presse, Maître Plamedie POLA s’est réjouie du bon déroulement de cette deuxième édition, saluant en particulier la présence des membres du Conseil de l’Ordre. Elle a rappelé que le thème de cette édition est né d’un échange informel entre confrères, au cours duquel l’un d’eux a déclaré ne jamais accepter de femmes dans son cabinet.
En conclusion, comme l’a si bien résumé Maître Christine KAMAZAY :

« La femme avocate n’est pas obligée de travailler comme l’homme avocat, mais elle doit se battre pour donner le meilleur d’elle-même. C’est cela qui est essentiel. »
La cérémonie s’est clôturée par la remise des certificats aux participants.
Dave NGONDE

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